par Eric Kiledjian
La mort est-elle vraiment la cessation définitive de la vie, comme le dit le dictionnaire ? Y a -t-il une "dimension spirituelle" qui continue ?
L'idée de la mort est insupportable à la plupart des gens. Elle est cause d'angoisses profondes, enracinées dans des expériences personnelles de perte d'êtres chers, et surtout des fantasmes primordiaux que seul l'être humain connaît. Car en nous tous est inscrite l'idée de l'éternité, et l'illusion de l'invulnérabilité. Nous ne pouvons pas admettre de voir disparaître ceux sur qui nous comptons et encore moins être retranchés nous-même avant d'avoir eu tout le temps de vivre. Et encore, le passage de la mort reste une source de terreur. C'est tout un débat éthique, voire scientifique, non résolu, de préciser à quel moment la vie des humains s'arrête : handicap ultime ? coma ? mort cérébrale ? Réfléchir à la mort nous aidera à comprendre quelle est l'essence de la vie.De quelle manière aborder la mort ?Notre société entretient avec la mort une relation complexe et ambivalente. C'est parfois le voyeurisme : à chaud, notre société se montre friande d'évocations morbides et d'images de destructions. Ailleurs ce peut être le culte du souvenir : les victimes des guerres glorieuses (donc pas de tous les conflits armés), les héros et les figures illustratives de leur temps, chaque fois que le mort peut être évoqué avec fierté (comme certains hommes politiques, artistes, écrivains, sportifs…). Dans tous les autres cas notre société a une grande tendance à oublier les morts en les remplaçant rapidement dans leur rôle social, ou en oubliant même ce qui a fait la vie des personnes décédées. Il s'agit peut-être d'un silence gêné, d'un malaise collectif devant le mystère scandaleux et l'inconnaissable. Car la mort reste une inconnue dérangeante : nous sommes incapables de la décrire, de la définir, même scientifiquement.Le devenir des morts est une question difficile. Ce mystère devient irritant quand on envisage l'idée de l'éternité, car tout le monde s'accorde pour considérer que le temps de la vie est somme toute fugace. Les convictions des uns et des autres vont alors bon train : les morts ne vont nulle part ; la mort est un temps de longue consolation ; les morts veillent sur nous…Notre interrogation sur la mort expose les limites de la rationalité. Les connaissances scientifiques ne nous sont malheureusement d'aucun secours car elles ne rendent pas compte de ce qu'est l'essence de la vie. Comment alors définir ce qu'est la cessation de la vie ? Réfléchir à la mort nous aide à comprendre quelle est l'essence de la vie. Si la mort stoppe et anéantit notre existence tout bêtement, on peut se dire que la vie est plutôt absurde car la mort serait alors dépourvue de sens.S'il y a un « après la mort », les connaissances scientifiques ne nous servent à rien non plus parce qu'il ne s'agit pas de biologie mais de vie immatérielle. La vie après la mort -si elle existe, et je crois personnellement qu'elle existe- n'est pas d'essence matérielle -sinon, nous pourrions voir les morts-, donc on ne peut en faire un objet d'analyse scientifique.Il n'est pas facile d'explorer la réalité de la mort. Il serait très intéressant d'écouter le témoignage de quelqu'un qui a vécu la mort et qui en serait revenu ! Mais est-ce possible ? Je vous invite à continuer nos recherches dans le champ spirituel puisque le rationnel est en panne.Qui peut nous parler de la mort ?De toutes les croyances des hommes, il est significatif de constater que seul le Christianisme aborde clairement la question et y répond directement. En effet, la Bible affirme qu'il y a un homme qui a expérimenté dans son être les différents aspects de la mort et qui est ressuscité ensuite, continuant à vivre parmi ses proches pendant plusieurs jours. Ce témoin de la mort, c'est Jésus. Jésus-Christ a expérimenté dans son être les différents aspects de la mort d'un homme ou d'une femme. Il nous amène à distinguer deux expériences humaines de la mort. La première est évidente, c'est la mort en tant que lâcher-prise biologique, avec l'arrêt des fonctionnements cellulaires et organiques. L'autre est moins connue mais pourtant fondamentale, c'est le lâcher-prise psycho-spirituel. Il s'agit d'un retournement ou un redirectionnement, qui comporte la remise en question de choix de vie découverts comme mortifères, pour l'adoption d'autres, dans un mouvement de confiance en Dieu.Ces deux expériences sont toutes aussi concrètes l'une que l'autre. L'une est inévitable ; toute existence la rencontre. L'autre est vitale et illumine toute la vie au point de donner sens à la mort.
Comment une mort en éclaire une autreLe premier aspect c'est choisir la vie. Au début de sa mission Jésus va passer 40 jours dans un désert, pour réfléchir et prier à l'écart. Il se trouve face à lui-même et à ses pulsions, et réalise que ses réflexes naturels ne sont pas toujours des chemins de vie mais qu'ils l'éloignent de ce qui doit remplir sa vie pour qu'elle soit accomplie. Il vit d'une certaine manière une mort volontaire à ses tendances naturelles morbides, aux tensions qu'elles provoquent en lui, et choisit délibérément la vie véritable. Sa destinée était de servir les hommes, de donner de l'amour et de témoigner de l'amour de Dieu pour les humains, même au prix de sa vie, et sa vie a été vraiment réussie.Le deuxième aspect se joue vers la fin de son parcours terrestre. Jésus s'achemine vers sa mort biologique. Durant les heures qui ont précédé son supplice Jésus était extrêmement lucide. Son stress était tel qu'il a transpiré une sueur mêlée de sang.La mort de Jésus-Christ procure la paix à ceux qui croient, et pourtant elle a été une fin particulièrement atroce. C'est la condamnation à mort d'un innocent (ce qu'a reconnu le gouverneur Ponce Pilate), à la suite de la trahison d'un ami intime (Judas Iscariote), sur la déposition de faux témoins (il s'agissait d'un complot délibéré de certains religieux), par le supplice de la croix qui entraîne une mort lente et particulièrement pénible. Après avoir été encloué au niveau des deux poignets sur la traverse de la croix, le supplicié a été hissé sur le pilier, et les pieds cloués à leur tour. Les genoux ont été fléchis sur le côté, ce qui entraînait l'impossibilité de se reposer. Le condamné était vraiment pendu par les mains clouées. Cela provoquait d'horribles douleurs positionnelles, des difficultés respiratoires et une lente asphyxie. Jésus a aussi présenté sur cette croix une insuffisance cardiaque, ce qui explique que le coup de lance du légionnaire dans sa poitrine après sa mort ait provoqué l'issue d'eau et de sang d'une pleurésie.Inhumé dans un tombeau creusé dans le rocher, devant lequel plusieurs hommes avaient roulé une énorme pierre, c'est pourtant cet homme Jésus qui réapparaît au milieu de dizaines de personnes quelques jours après. Il a montré et laissé toucher son corps de ressuscité, marqué par les blessures de son supplice, et cela n'était pas une représentation virtuelle, ni symbolique, ni poétique. Beaucoup de gens l'ont vu, entendu, touché. La mort a-t-elle du sens ?Pour nous, la mort n'a pas souvent de sens. Celle de Jésus est au contraire particulièrement riche de sens et elle en donne à la nôtre. Il avait donné à ses disciples toutes les clés de la compréhension de sa fin pénible dans les derniers jours de sa vie libre. Le message qu'il nous adresse peut être résumé en ces mots : « Je donne ma vie, on ne me la prend pas. Je la donne pour que nombreux soient ceux qui puissent vivre de la vie véritable que Dieu donne et que leur péché empêche de connaître. Ma motivation est l'amour pour vous, la compassion, c'est-à-dire l'amour souffrant, pour votre condition d'homme ou de femme aspirant au bonheur et empêché de vivre. La preuve de ce que je promets c'est ma victoire sur la mort et le péché, c'est ma résurrection ».Le sens de la mort sur une croix à cette époque c'était la punition pour des crimes commis. Jésus, innocent de tout péché, a été puni à cause de nos fautes. En aucun cas la mort de Jésus était un anéantissement de son être car il a inauguré dans son corps la résurrection de tous les êtres humains. Toute la révélation de Dieu aux hommes c'est son amour immense pour nous, et il choisi de le rendre clairement visible à la croix, la mort de Jésus. Jésus a consenti à se donner pour que nous vivions. Son lâcher-prise sur sa vie a donné sens à sa mort. Sa victoire devient notre victoire sur les forces qui nous entraînent à l'existence absurde et la mort coupés de Dieu. Nous sommes appelés à la vieAu fond nos aspirations profondes sont accordées avec le projet de Dieu pour nous, projet dans lequel nous pouvons entrer par la foi en Jésus-Christ. Une vie libérée de la peur de la mort. Nous sommes tous destinés à la résurrection. Selon que j'aurai cru ou non à l'amour de Dieu pour moi, ce pourra être pour le salut, ou la séparation éternelle.La mort et la résurrection de Jésus, c'est aussi mon histoire, c'est ma vie, l'espérance pour mon existence. Ma mort à venir reste quelque peu inconnaissable, mais elle est inscrite dans mon itinéraire de vie terrestre puis de vie de ressuscité. Si j'accorde ma vie à celle de Dieu, je trouve l'amour et le sens dont j'ai profondément besoin pour vivre. Une vie qui dépasse le parcours terrestre et que la science restera impuissante à expliquer.
Eric Kiledjian est médecin en gériatrieAuteur de « Guérir, repères spirituels dans la maladie et la souffrance »éd. Desclée de Brower, 1996
Entre la mort de Dieu et le triomphe de la science
par Gaétan Daoust
paru dans L'Agora, vol 1, no 3, 1993
Une crise profonde d'identité secoue présentement, nous dit-on, l'homme et la femme d'Occident. Mais chacun sait aussi qu'ils n'ont pas attendu de s'allonger sur le divan du psychanalyste pour s'interroger sur l'étrangeté de leur être et de leur destin. Même aux heures les plus lumineuses de son histoire, l'être humain n'a jamais cessé de se demander: qui suis-je? qui me dira jamais qui je suis? Car c'est là la question primordiale, qui travaille depuis les origines l'aventure humaine, inspirant ses audaces les plus folles et ses oeuvres les plus variées, ses défaillances aussi, et ses désespoirs. Personne n'a jamais échappé à la sollicitation de ce grand questionnement. "Qui suis-je?", se demande déjà, dans l'ancienne éphèse, Héraclite, en sa vision stupéfiante de cet homme livré à la force invincible de la guerre où s'affrontent toutes choses, ou plongé dans le fleuve inexorable du devenir. "Qui suis-je?", interroge aussi le simple paysan grec, à qui la sagesse populaire avait appris pourtant que la vie de l'homme est semblable à l'ombre imprécise et fugace que projette sur le mur de sa chaumière une fumée inconsistante; ou le moine bouddhiste, qui sait pourtant, de temps immémoriaux, que l'homme est une boule évanescente d'écume à la surface du Gange. "Qui me dira qui je suis?", demande encore l'adolescent de nos rencontres quotidiennes, souvent hanté par une angoisse sans visage et à qui l'on a appris peut-être que ses aînés lui auront laissé en héritage un monde culturellement et physiquement délabré. "Qui suis-je?", se demande aussi le collègue qui participera au colloque qui s'ouvre ce soir, bien qu'il sache sur l'homme tant de choses déjà. Je voudrais vous soumettre, ce soir, non pas un essai de réponse à cette question, mais quelques considérations sur son histoire et, peut-être, sur une manière actuelle de la poser.
L' ancestrale et exigeante question: "qui suis-je?" se pose d'une manière bien différente à l'homme occidental et au moine bouddhiste. Non seulement surgit-elle à la conscience de l'un et de l'autre dans des langues différentes, mais elle y débouche, cette question, au terme de cheminements millénaires, au cours desquels elle s'est chargée des trophées glorieux ou encombrants de la religion, de l'éthique, de l'esthétique, de la philosophie, de la théologie ou de la science. Par la réflexion et l'effort, par la lucidité et le courage, mais de nulle autre manière, l'homme peut secouer certaines de ces dépouilles, mais c'est en vain et à son grand dam qu'il prétend les ignorer, pour se retrouver lui-même, originel et sans masque. Il est interdit à l'homme de se voir nu. La question la plus irréductible, la plus simple, lui arrive déjà toute maquillée. Il n'est pas de nature sans culture, enseignent les anthropologues et, à la veille de manipuler notre patrimoine génétique, les biologistes savent fort bien que tout, chez les êtres vivants, et jusqu'à leurs expériences les plus individuelles et les plus concrètes, vient de l'expérience innombrable accumulée par l'ascendance entière de l'espèce au cours de l'évolution.
Si unique que soit chaque individu, il n'en est pas moins affecté, jusque dans ses fibres les plus intimes et les plus secrètes de ses pensées, par un passé collectif. La question "qui suis-je?", qui est le moteur principal de la recherche et de l'intervention psychologiques, est inséparable de cette autre question: "qui avons-nous été?", qui laisse en panne toutes les psychologies. Le présent individuel ne se comprend qu'en raison du passé collectif, de même que, sans la lumière du passé, l'avenir tout entier nous demeure opaque et imprévisible.
Au bas de la plus pathétique de ses toiles, que l'on peut admirer au Museum of Fine Arts de Boston, Gauguin écrivait: "Qui sommes-nous? d'où venons-nous? où allons-nous?" C'est en créant des mythes que l'espèce humaine, depuis toujours et encore aujourd'hui, tente de répondre à cette question. Mythes des origines bien terrestres, aussi longtemps que l'homme a cru que sa terre était au centre de l'univers; mythe cosmique du Big Bang, maintenant qu'il constate que la terre, où ses pieds avaient toujours cherché à prendre appui et à se garantir des errances de son esprit, n'est qu'une minuscule planète voguant dans un canton perdu d'un univers en expansion indéfinie.
De pareils mythes je veux, en un premier temps, vous entretenir. Ceux des Hébreux, d'abord, parce que nous n'en avons jamais fini de régler nos comptes avec eux, mais aussi, et indissociablement, parce que nous leur devons, plus qu'à toute autre chose, nos endurances les plus tenaces et la plus intime conviction de notre grandeur. Le grand mythe grec, ensuite, celui qui fonde la philosophie classique et féconde, jusqu'à nos jours, la poursuite occidentale de la rationalité. Dans le christianisme ont fusionné l'une et l'autre traditions: c'est ce que je veux examiner ensuite, très sommairement. Dans un troisième temps, la Renaissance, événement considérable, et la révolution galiléenne, qui donne à la science son essor décisif et son esprit de conquête triomphant. Enfin, dans un dernier raccourci aussi désinvolte que les précédents, et en m'inspirant d'eux, j'essaierai de définir un trait majeur, le plus important peut-être, de la crise contemporaine d'identité.
J'emploierai ici le mot "mythe" au sens d'un grand récit dans lequel une collectivité se raconte ses origines et son destin, en même temps qu'elle y justifie sa représentation du monde et son organisation sociale. Le mythe apporte la réponse aux grandes questions que se pose un groupement humain, et il lui permet de prendre les distances nécessaires face à ses peurs et ses angoisses.
à cet égard, aucun texte n'a pénétré la conscience de l'homme et de la femme d'Occident de manière aussi profonde, aussi universelle et aussi durable, que celui qui consigne, aux premières pages de la Bible, le récit mythique de l'origine de l'homme. Aucun texte n'a fait, de très loin, l'objet de tant de réflexions, de méditations et de commentaires de tous genres, scientifiques autant que philosophiques ou théologiques. Saint Augustin, par exemple, a entrepris au cours de sa vie quatre importants commentaires du récit de la Genèse, sans jamais réussir à pousser son analyse au-delà des premières lignes de ce texte fondateur. Même dans ses Confessions, premier exemple connu d'un examen portant résolument sur l'être subjectif de l'homme, et que rien ne devrait apparenter à un écrit d'exégèse biblique, Augustin s'engage encore une fois dans un commentaire du récit de la création, qui occupe les trois derniers Livres d'un ouvrage qui en compte treize. Ce n'est pas là un hors-d'oeuvre. La méditation sur les origines de l'homme s'impose à Augustin en vertu des exigences mêmes du récit très personnel de sa vie. L'exploration de sa subjectivité conduit nécessairement le chrétien Augustin à la rencontre du Dieu créateur. Entrant en lui-même, il y trouve l'Autre. Parlant de lui-même, il parle de Dieu: tu es "plus intime à moi-même que moi-même", avoue-t-il dans l'une des formules les plus étonnantes qui soient, où palpite encore cette fascination redoutable que l'homme éprouve, nous dit-il, devant le mystère de Dieu. "Je me suis demandé ce que je suis et qui je suis. Qui je suis, toi seul peux me le dire, Seigneur, parce que tu m'as créé". La chose se passait au début du Ve siècle. Mais avant Augustin, depuis les premiers témoins du récit biblique, tout au long de la tradition judaïque et judéo-chrétienne, et après Augustin, jusqu'au croyant contemporain, la même conviction et la même démarche se retrouvent, celles qui conduisent de l'immanence de la vie subjective la plus intime à l'exigence d'une absolue transcendance. Le fait est remarquable et hautement significatif pour notre propos. Le Dieu dont la modernité occidentale a entrepris de faire le deuil n'était pas que le principe explicatif, la raison ultime du monde qui nous entoure. Il était la source même de la subjectivité. L'Occident chrétien verra en lui une Personne et le fondement de notre être personnel, si la personne, selon la vision profonde de la théologie médiévale, que retrouve à sa manière certaine psychologie contemporaine, consiste essentiellement en une relation à l'autre. L'homme occidental actuel, si éloigné qu'il se prétende de ses origines, ne peut pas porter allègrement la mort de ce Dieu.
L'un des esprits les plus pénétrants et les plus vastes de notre histoire, qu'il a marquée de manière décisive, Augustin d'Hippone, avait trouvé au fond de lui-même un Dieu dont la modernité dit qu'il est introuvable, ou qu'il n'existe pas. Le constater, c'est sans doute prendre une première mesure de la difficulté pour l'homme occidental actuel d'assurer sa cohérence et de se réconcilier avec son passé et avec lui-même. Les significations et suggestions du récit biblique des origines sont nombreuses. On y raconte comment, à l'origine du temps, un Dieu unique a créé toutes choses, et comment elles étaient bonnes, comment il créa aussi l'homme à son image et ressemblance: homme et femme il les créa, leur enjoignant de remplir la terre de leur descendance et de la soumettre, assurant leur domination sur toutes choses. On y explique comment ce rapport au monde, paradisiaque et triomphant, a été compromis par la faute de l'homme, comment il doit désormais vivre dans l'effort et la douleur, gagner sa subsistance à la sueur de son front et mourir de mort. On y dit comment les relations des humains entre eux ont été dès lors faussées: dialectique de l'homme et de la femme, avec la justification de la domination du mâle sur celle qu'il dit l'avoir séduit (c'est le récit de la tentation et de la chute, puis de la condamnation particulière de la femme: "ta convoitise te portera vers ton mari et lui dominera sur toi"); dialectique du maître et de l'esclave (c'est le récit du meurtre d'Abel par Caïn); dialectique du Juif et du Gentil (c'est l'histoire de Noé et de la confusion des langues à Babel, puis le récit de la vocation d'Abraham, père de la race élue). De ce texte aux innombrables échos je ne veux commenter, très brièvement, que les trois premiers mots: "Au commencement, Dieu créa..."
"Au commencement...", nous est-il dit. Car pour l'Hébreu, et à sa suite pour l'homme occidental, il y a un commencement du temps. Il est linéaire et historique, le temps, et non cyclique comme dans les autres cultures. Il commence, il progresse et il s'achèvera, le temps. Le peuple hébreu nous a légué la conviction que le temps de l'homme est celui d'une histoire, que cette histoire a ses origines, qu'elle progresse et quelle doit progresser, grâce au concours de l'homme et à la sueur de son front, pour s'achever un soir de parousie, d'apothéose ou d'apocalypse. Seule entre toutes, notre culture sait qu'elle doit un jour mourir. Et elle est, sans doute, aussi la seule où l'imaginaire collectif est hanté, tout au long du temps, par la grande peur de la fin des temps. Individuellement et collectivement, nous sommes persuadés que chaque instant nous rapproche davantage de la fin, que le temps presse chacun d'entre nous, à nous en rendre malades souvent. Certains médecins en viennent même à conclure, sur la base d'expériences cliniques interprétées à la lumière des théories de la physique quantique, que beaucoup de maladies, peut-être toutes, sont probablement causées par cette perception d'un temps linéaire et irréversible, composé de la succession rigide du passé, du présent et du futur. Mais nous nous sommes persuadés que le temps de notre histoire est le temps réel, et même que notre calendrier a légitimement acquis le droit de scander et délimiter le temps de l'histoire universelle. à l'échelle de ce temps chaque culture a plus ou moins progressé, était autrefois plus ou moins christianisée, naguère plus ou moins civilisée ou socialisée, aujourd'hui plus ou moins développée techniquement et économiquement. Nous en sommes venus à croire que le temps est ainsi structuré, en lui-même et non dans la représentation que nous nous en faisons. De plus en plus privés du contact avec la nature et à l'abri du rythme toujours renouvelé des saisons, nous ne pouvons plus guère concevoir, par exemple, que notre représentation du temps puisse être cyclique. Nous nous en défendrions, du reste, comme d'un dernier avatar d'une mentalité animiste. Et même après Einstein et Niels Bohr, il est difficile, quand on porte une montre au poignet, de considérer que la véritable horloge qui nous sert à mesurer le temps est située à l'intérieur de nous.
Mais ce temps qui pour nous a eu un commencement et aura une fin est régi, nous dit aussi la Bible, par un Dieu unique. Au milieu de peuples aux nombreuses divinités (et tous les peuples, anciens et modernes, portent dans leur imaginaire des dieux multiples conçus et fabriqués à leur image), est proférée une parole singulière, abrupte et terriblement exigeante: le Dieu qui fera alliance avec le peuple d'Israël est un Dieu unique, et parce que seul il est en dehors du temps, il domine le temps. Les dieux des ègyptiens ou des Grecs, bien qu'immortels, étaient conçus à l'image de l'homme, ils connaissaient comme eux les vicissitudes du devenir et des passions et ils restaient soumis à la puissance supérieure de la fatalité. Le Dieu du peuple qui se dira le peuple élu est le Seigneur unique de l'histoire, le maître absolu du destin de l'homme et de la collectivité. Et il possède ce pouvoir exclusif, parce qu'il a tiré toutes choses du néant, parce qu'il est le créateur du monde. Il déroule le cours de ce temps de l'histoire selon le plan qui est le sien, conçu dès avant la fondation du monde et caché dans les profondeurs insondables de son être. On ne pratique pas de divination sur ce Dieu et bien malvenu celui qui osera lui demander des comptes ou s'étonner de ses manières de faire et de ses exigences. Le douloureux Job, qui en vient à regretter le jour même de sa naissance et à déplorer que le malheur s'abatte indifféremment sur le juste et l'impie, en demeure sans doute l'exemple le plus dramatique. Mais le paradis perdu peut être retrouvé, si l'homme accepte de devenir le collaborateur de Dieu dans l'acte d'une création renouvelée. Il y aura une terre nouvelle et des cieux nouveaux. La paix, de nouveau, règnera: "le loup paîtra avec l'agneau, l'enfant mettra sa main dans le nid de la vipère". La promesse en est faite d'abord au peuple élu, par un Dieu qui est celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Progressivement, la promesse s'étend à d'autres. Après l'exil, avec le second Isaïe, elle s'universalise. Pour le chrétien, elle atteint son accomplissement avec la venue du Christ. En lui, et parce qu'il assume la condamnation de l'homme, le péché et la mort sont vaincus. Les infranchissables barrières qui par le péché avaient été érigées entre les humains, sont désormais abolies: "il n'y a plus désormais ni homme ni femme, ni maître ni esclave, ni Juif ni Gentil, mais vous êtes tous un dans le Christ Jésus", écrit Saint Paul. La solidarité humaine a toujours été fragile et sociologues et philosophes nous disent à quel point elle est dangereusement menacée à notre époque où Narcisse triomphe des autres héros de notre mythologie. Pendant des siècles, cette solidarité des humains a cherché à se nourrir, et a triomphé parfois de ses obstacles, dans la foi en la présence continuée, au milieu des hommes, de ce Jésus de Nazareth. Cela s'est appelé la charité. La foi en ce Jésus est la foi en un Dieu fait homme. La pensée chrétienne, dont nous sommes les héritiers, a médité inlassablement sur ce fait si inouï qu'il inspirera à l'apôtre Saint Jean de réécrire le récit des origines: "Au commencement était le Verbe(la Parole)... et ce Verbe était Dieu...; sans lui rien n'a été fait..., et ce Verbe Dieu s'est lui même fait homme". à la question de l'identité de l'homme, à la question: qui suis-je? qui sommes-nous? d'où venons-nous? où allons-nous? (car c'est là au fond une seule et même question), la pensée chrétienne a trouvé ici une réponse définitive: l'homme est plus grand que ce qu'il peut penser de lui-même, son être ne trouve sa mesure que dans la pensée de Dieu. Enfouie dans les profondeurs de Dieu, cette pensée de l'homme a été arrachée à ses voiles, elle s'est révélée, s'est tout entière manifestée, comme lumière dans les ténèbres. Dieu lui-même, l'éternel, celui qui ne devient pas, celui qui ne peut pas devenir, est devenu un homme. C'est là le scandale, l'essentiel paradoxe, selon le mot de Kierkegaard, qui fonde le christianisme, cela de si incomparablement grand que tout le reste à côté paraît être un néant. Dans l'homme Jésus, Dieu a proféré la parole identique à lui-même, la parole qui englobe tout: il a dit le dernier mot sur l'homme. C'est par la contemplation de cet homme, et par l'imitation de sa vie, que le chrétien essaiera de devenir un homme. C'est là l'expérience chrétienne, dont les mystiques, de Paul de Tarse à Charles de Foucault, nous font soupçonner les profondeurs, et qui, par-delà les abstractions et les réductions de la théologie, peut sans doute se prolonger et s'éprouver encore chez ceux de nos contemporains qui ont entrepris vraiment de devenir chrétiens, c'est-à-dire de consentir à la dépossession d'eux-mêmes pour parvenir à se posséder. Mais ceux qui, au contraire, s'efforcent avec la même gravité de devenir athées doivent, eux aussi, pénétrer dans cette brèche qu'ont ouverte dans la conscience occidentale la foi et la pensée chrétiennes, et se laisser saisir par ce mouvement vertigineux où elles ont emporté la question de l'identité de l'homme.
La propagation de cette religion d'origine juive, mais dont les prétentions sont désormais universelles, se fera d'abord en langue grecque. Peu à peu la tradition philosophique des Grecs servira aux intellectuels chrétiens à interpréter le donné original de la révélation et à relancer en Occident cette aventure, inévitable à l'homme et jamais achevée, de la réconciliation de la foi, qui par définition avoue ses impuissances, et de la raison, a qui il appartient de vouloir pousser toujours plus loin ses exigences.
Dans une évocation forcément trop sommaire, je ne retiendrai ici, de l'apport grec, que quelques éléments qui me paraissent revêtir pour notre propos une importance plus significative.
D'abord le mythe, vraisemblablement d'origine orphique, de la distinction de l'âme et du corps. Ce dualisme, jamais surmonté en Occident, et qui inspire encore les approches dites holistiques de la médecine ou de la psychologie, ne nous vient pas de la religion et des Juifs, mais des Grecs et de leur philosophie. Pythagore y a souscrit et Platon en a été le plus génial et le plus décisif des interprètes. Pour la plus grande gloire de la philosophie et de la science occidentales, selon l'interprétation traditionnelle, pour le plus grand malheur de l'homme et de sa pensée, selon Nietzsche et beaucoup d'autres à sa suite.
De cette dualité de l'âme et du corps, de l'esprit et de la matière, on sait assez comment elle devait conduire au discrédit et au mépris même du corps, et à la méfiance à l'égard d'une sexualité entachée de culpabilité, et jusqu'à aujourd'hui encore, comme en témoigne sans doute une attitude fréquente à l'égard du sida. C'est son âme que l'homme s'attachera à sauver, en la libérant des servitudes de son corps terrestre, pour l'habituer à désirer les récompenses et les joies célestes. L'espérance originelle d'un salut collectif sur une terre reconquise et dans une Jérusalem restaurée deviendra, dans la conscience chrétienne, espérance d'un salut individuel, dans l'autre monde d'une Jérusalem céleste. Il importe ici d'évoquer rapidement une doctrine d'origine grecque qui a exercé une influence très importante, celle de la contemplation. Pendant près de deux millénaires, depuis l'Antiquité classique jusqu'à la fin du Moyen âge, la conscience occidentale s'est progressivement imprégnée de la conviction que, de toutes les activités de l'homme, celle de la contemplation était la plus importante. Plus que le travail qui transforme le monde extérieur, et que l'action qui transforme l'homme et la société, la contemplation était considérée comme l'activité propre à l'homme. Elle constituait l'exercice par excellence de son esprit, qui le définit comme être humain, l'activité noble entre toutes parce qu'elle lui permet d'accéder à la fin même à laquelle il est naturellement ordonné, la connaissance de l'être et l'amour du bien. Chez les Grecs, cette activité puis ce repos de la contemplation se pratiquaient dans la vie philosophique, inaugurée par une véritable conversion, c'est-à-dire par un retournement de la pensée et des amours, qui s'arrachent à l'univers des apparences et des biens périssables, pour vouer toute la lumière de l'esprit et les désirs les plus intenses à la recherche de l'être véritable et du bien qui demeure. D'Héraclite à Spinoza ou à Nietzsche, l'histoire de la pensée a retenu plusieurs exemples de cette conversion philosophique, surtout aux périodes de troubles, où l'âme individuelle, déçue de l'état de la société, de ses intérêts et de ses projets, se tourne vers elle-même et entreprend de chercher dans la vie intérieure une raison d'être. C'est par une conversion philosophique de cet ordre que, à la fin du IVe siècle, Augustin se laissera séduire, avant de consommer sa conversion au christianisme. Il a décrit dans ses premiers Dialogues l'extraordinaire enthousiasme qu'avait soulevé en lui la soudaine découverte de cet idéal de vie selon l'esprit. Un peu plus tard, Boèce, témoin de la décomposition de l'Empire romain et des valeurs qui avaient défini l'homme antique, attendant lui-même la mort, se consolera des malheurs du temps en écrivant, au fond de sa prison, son ouvrage sur La consolation de la philosophie.
Cet idéal de vie solitaire, de silence et de contemplation continua d'inspirer la pensée et le désir des hommes et des femmes du Moyen âge. La forme en demeurait substantiellement la même, mais le contenu en avait changé. Le souverain bien des philosophes était devenu le Dieu chrétien, le chemin de la raison philosophique avait fait place à la foi et à l'imitation de Jésus-Christ. Ceux que séduisait particulièrement cet idéal entraient dans les ordres monastiques. Pour paraphraser Sigmund Freud, on y entrait aussi par peur du monde, comme on entre aujourd'hui en névrose. Les abbayes et monastères se multipliaient à travers tous les pays d'Europe. Ceux, par ailleurs, qui ne voulaient pas renoncer au monde pour cette vie de silence, n'en subissaient pas moins l'influence de cet idéal et s'ils ne se privaient pas de critiquer certains moines, c'était au nom même de l'idéal de vie que ceux-ci s'étaient engagés à poursuivre et dont on estimait que certains se montraient indignes, par leur vie dissolue. La vie monastique elle-même, identifiée à la poursuite de la vie parfaite, demeura pendant de longs siècles à l'abri des critiques des croyants. Ce n'est que dans la seconde moitié du XIIIe siècle que l'on commence à critiquer sérieusement les ordres monastiques, en raison notamment de leur prolifération et pour d'autres causes que je n'ai pas à rappeler ici. Le célèbre Roman de la Rose en est le principal témoin.
Ainsi, pendant plusieurs siècles, des hommes et des femmes à qui leur culture religieuse d'origine judaïque avait enjoint de dominer et soumettre le monde, se consacrèrent, sous l'influence de la pensée philosophique grecque, à contempler le monde et à y chercher les vestigia dei, la trace des pas de Dieu dans la nature.
Avec la Renaissance, commencera la mise en question systématique des ordres mendiants, de la vie monastique en général, et avec elle la critique de l'idéal de silence et de contemplation. Ce changement est si fondamental qu'il suffirait à faire considérer la Renaissance comme une période de rupture profonde dans l'histoire de notre civilisation. Car il témoigne d'une transformation globale de la conception de l' être humain, de son agir et de son destin, de son rapport à lui-même et au monde. Essayons d'en dégager quelques dimensions plus importantes pour notre propos. Le mot de Renaissance évoque la propagation d'une nouvelle idée de l'homme, dans l'Italie du XVe siècle d'abord, puis dans toute l'Europe et jusqu'en Amérique. Ce sont des penseurs, des écrivains, des artistes qui la cultivent, aussi différents entre eux, à tant d'égards, que Giordano Bruno et érasme, Thomas More et Rabelais. Une conviction unanime habite cependant tous ces esprits convaincus d'entrer dans une nouvelle ère de l'histoire humaine: celui de retrouver les valeurs oubliées de la grandeur et de la liberté de l'homme. Le thème ne paraît guère nouveau, ni original. Depuis Hésiode, et Sophocle, et La Genèse elle-même, le thème était aussi familier que celui de la misère et de la servitude de la condition humaine. Mais les hommes de la Renaissance, humanistes et réformateurs, en traitent d'une manière inédite, sinon révolutionnaire. Telle elle apparaît, par exemple, dans le fameux Discours sur la dignité de l'homme de Pic de la Mirandole, publié probablement en l486, lu et commenté par tout ce que l'Europe pouvait alors compter d'esprits éclairés.
Pic y développe l'idée que l'homme est le seul être dont le libre choix détermine le destin. L'homme n'occupe plus, comme au Moyen âge, une place préalablement définie, si élevée soit-elle dans la hiérarchie des êtres. Il est soustrait à cette hiérarchie, constitue un monde en lui-même, un microcosme. Mais, ce qui est plus nouveau et plus significatif encore, c'est l'affirmation que ce microcosme n'est pas nettement et définitivement constitué en son essence. En réalité, l'homme n'est pas, il devient. Ce n'est plus son essence qui le définit, c'est sa liberté. Il est "de nature indéterminée", écrit Pic, il n'a reçu de Dieu "ni lieu, ni délimitation, ni tâches fixes", afin de pouvoir s'engager dans "n'importe quelle oeuvre" et "occuper la place qu'il désire". échappant "à toute limite, il peut par son libre vouloir[...] déterminer lui-même les limites de sa nature". "Quel grand bonheur pour l'homme!", s'écrie le savant et sévère humaniste. "Qui n'éprouverait de l'admiration pour ce caméléon que nous sommes?"
L'homme n'a pas de tâche prédéterminée, mais peut assumer "n'importe quelle oeuvre". C'est sa liberté même qui le définit, son activité qui essentiellement le constitue. L'humaniste et grand architecte florentin Leon-Battista Alberti le déclare sans ambages: "L'homme est créé pour agir, l'utilité est sa destinée." Cette formule lapidaire est le contre-pied direct de la conception occidentale traditionnelle de la destinée humaine, et notamment des penseurs grecs les plus prestigieux, pour qui le travail est une activité servile, indigne de l'homme libre. Sans doute la tradition de l'écriture exaltait les oeuvres et les mérites des patriarches et des saints de l'Ancien Testament, qui leur avaient valu la bénédiction de Yahvé, l'abondance des ans, de la progéniture et des troupeaux. Mais l'église en avait retenu bien davantage la malédiction qui pesait dès l'origine sur le travail de l'homme. C'était en raison de sa faute qu'il s'était vu condamner à gagner sa subsistance à la sueur de son front. Le travail avait été, dès les débuts de l'humanité, et devait demeurer tout au long de sa pérégrination dans cette vallée de larmes et jusqu'au retour triomphant du Christ, une punition et une humiliation. Le Seigneur féodal, propriétaire du domaine, et les nobles médiévaux dans leur ensemble avaient bien compris ce message: ils avaient, selon le mot de l'historien Robert Delort, comme "principale occupation de ne pas travailler", se consacrant tout entiers aux nobles exercices du sport et de la guerre. Rapidement, à mesure que se répand en Europe la vision d'un nouvel ordre des choses et d'un homme nouveau, le travail perd son caractère humiliant et dégradant. Par le travail sous ses diverses formes, par son action dans la cité, sa maîtrise des techniques ou son activité marchande, l'homme prouve sa force morale et son efficacité. à l'instar des Romains, qui constituent pour les humanistes le parfait modèle de vie autant que de beau langage, les hommes de la Renaissance sont invités à pratiquer la vertu. Comme l'expliquera clairement Machiavel au début du XVIe siècle, il ne s'agit plus là de la vertu chrétienne, qui ne peut concourir au salut de l'homme que dans la mesure où l'inspire et l'assiste la grâce divine, mais bien plutôt de la force virile par laquelle l'homme affirme sa liberté et sa grandeur. Le monde et l'histoire où elles s'exercent et triomphent ne sont plus régis par la prescience et le vouloir divins, mais soumis aux caprices de la fortune et à un aveugle destin.
Cette conviction que l'homme est éminemment responsable de son devenir, et qu'il atteint à sa dignité d'homme par l'exercice de son libre arbitre dans l'action efficace, pénètre généralement la pensée des humanistes. C'est dans toutes les sphères d'action que le travail se trouve ainsi revalorisé, sans exclure, bien au contraire, le domaine économique et l'activité marchande. Le noble médiéval, dont la guerre constituait la raison d'être, trouvait indigne de s'occuper lui-même de l'exploitation de son domaine et méprisait les bourgeois qui s'enrichissaient autrement que par la noble activité guerrière, donc de manière douteuse. La morale du Moyen âge prohibait, par ailleurs, le prêt à intérêt et prônait le juste prix. Dès le XIIIe siècle, cependant, cette société féodale avait commencé de se désagréger et s'était amorcée la "longue marche vers le capitalisme", qu'il suffit d'évoquer ici. Corrélativement, toute tentative de fuir le monde est considérée comme une désertion, la vie monastique comme inutile et parasitaire. à l'apologie de la pauvreté, de la solitude et de la contemplation silencieuse se sont substitués l'exaltation de la puissance de l'homme et de ses inventions techniques, l'éloge du travail rentable et de la profession, de la famille et de l'action engagée dans le développement de l'économie et de la cité. C'est le travail et l'oeuvre de l'homme qui désormais le définissent, l'intelligence et la connaissance se soumettent maintenant aux exigences de l'action. Le puritanisme protestant en fournira la justification théologique et verra dans le succès matériel de l'homme sur terre le signe même de sa prédestination divine au bonheur céleste. Progressivement, pour reprendre une observation très judicieuse de Max Weber, les énergies de l'homme seront empêchées de se déployer dans le champ du plaisir et contraintes de s'investir dans le travail, dans la croissance économique, dans le désir du gain.
Parmi les hommes remarquables de la Renaissance, il en est un qui en épouse de manière exemplaire les espoirs et les ambitions: Léonard de Vinci, dont chacun connaît l'audace technique, les extraordinaires dons d'invention, les vues prophétiques. C'est le même homme, cependant, qui consigne dans ses carnets intimes des réflexions assez troublantes, sur lesquelles on n'a guère jusqu'ici attiré l'attention. Il observe en substance que les découvertes techniques, tout en libérant l'homme de la servitude, entraîneront un jour la destruction du monde. On peut y lire des phrases comme celles-ci: les forêts seront dévastées ... d'innombrables animaux périront ... les hommes pourchasseront tous les êtres animés..., rien ne survivra sur la terre, ou sous la terre et l'eau, qui ne soit poursuivi, dégradé, ou détruit. Ces textes sont vieux de cinq siècles.
Un siècle plus tard intervient ce qu'on a appelé la révolution galiléenne, qui dans son essence ne consiste pas, comme on l'affirme trop souvent, dans la valorisation de l'expérience, mais qui permet de vérifier, grâce à la lunette astronomique, la validité des calculs théoriques de Copernic qui contestaient le géocentrisme officiel. La révolution galiléenne est d'abord et surtout une révolution théorique qui considère les mathématiques comme la "clé même de la compréhension de la nature". Cette décision de faire de la science mathématique la science même de la nature devait, bien sûr, avoir des conséquences incalculables sur la conception du rôle de l'expérience. Mais il importe bien davantage de comprendre que c'est d'abord une décision d'ordre philosophique, qui transforme le rapport de l'homme à son univers.
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Mémoire vive sur astre mort
Première partie
Dictionnaireastéroïdeastreatmosphèreplanète
Les gens s’inquiètent beaucoup au sujet des astéroïdes. Bien que les chances que la Terre entre en collision avec un gros spécimen soient minces, les conséquences d’un tel événement seraient terrifiantes : raz-de marée, changements climatiques, disparitions d’espèces en masse. Fort heureusement, cela n’arrive pas tous les jours.
Pourtant, il y a quatre milliards d’années, ça arrivait tous les jours. Notre planète était jeune, et le système solaire intérieur encombré de « planétésimaux », corps de la taille d’un astéroïde moyen et qui constituaient les reliquats des matériaux à partir desquels s’est construit le système solaire.
Tous les jours, des planétésimaux petits ou grands s’abattaient sur la Terre. C’était l’époque dite du « bombardement intense », qui s’étendit sur une durée allant de -4,5 à -3,8 milliards d’années, une période qui n’a pas dû être très agréable pour la vie sur Terre.
Cette période du bombardement précoce fut un des sujets abordés ce mois-ci à l’occasion du congrès « Perspectives en exobiologie », organisé en crête, à Chania, par l’Institut d’Etudes Avancées de l’OTAN, en coopération avec le Centre Spatial Marshall. Ron Koczor y assistait, et ce texte en est son compte-rendu.
Les participants au congrès ont remarqué quelque chose d’étonnant à propos de la fin de la période de bombardement intense. Dès les plus anciennes couches géologiques connues (vieilles d’environ 3,8 milliards d’années), on relève des traces fossiles témoignant d’une vie sur Terre. L’existence d’une vie microbienne florissante si rapidement après la fin des bombardements cataclysmiques suggère que la vie émergea en fait en plein pendant la période de bombardement.
Comment cela a-t-il pu se produire ? Comètes et astéroïdes ont-ils livré la vie « clés en main » à la Terre ? Ou peut-être la vie a-t-elle rapidement évolué à partir des briques organiques élémentaires amenées par les comètes ? Personne ne sait. Les exobiologistes souhaiteraient pouvoir étudier des roches et des composés chimiques fossiles de cette époque, bien que la pluie, le vent, les tremblements de terre et la tectonique des plaques (processus environnementaux normaux) aient probablement complètement effacés ces derniers.
Tous ?
Les scientifiques présents à la conférence ont envisagé qu’il pourrait en subsister. Pas sur Terre. Sur la Lune.
Quand un objet de taille respectable frappe la Terre, les débris consécutifs à l’impact peuvent être accélérés à une vitesse suffisante pour les arracher à l’attraction terrestre et les satelliser. Il y a quatre milliards d’années, la Terre était probablement cernée de débris éjectés de cette façon. (La Lune elle-même est un gros morceau de Terre qui fut arraché lorsqu’un planétésimal de la taille de Mars vint frapper notre planète il y à 4,5 milliards d’années).
Durant la période de bombardement intense, la Lune était considérablement plus proche de la Terre qu’elle ne l’est à présent, trois fois plus près pense-t-on. Cela la plaçait dans une position idéale pour collecter les débris en orbite autour de la Terre.
Comme la Lune est dépourvue d’atmosphère et d’activité tectonique, ces débris sont peut-être encore là. Tandis que beaucoup ont certainement été détruits par des impacts ultérieurs d’astéroïdes ou de comètes sur la Lune, certains ont pu demeurer intacts dans le sol lunaire.
Une récente étude menée à l’Université de Washington par les doctorants John Armstrong et Llyd Wells, en collaboration avec Guillermo Gonzalez de l’Université d’état d’Iowa, estime que chaque carré de 100 kilomètres de côté à la surface de la Lune pourrait contenir jusqu’à 20 tonnes de matériaux terrestres.
David McKay, un exobiologiste du Centre Spatial Johnson de la Nasa, fait remarquer que « la Lune était dans une position privilégiée pour ramasser les éjectas terrestres. Si nous regardions aux bons endroits, nous pourrions découvrir une manne de matériaux à étudier. »
On s’interroge naturellement à propos des quelque 400 kilogrammes de roches lunaires déjà ramenés sur Terre grâce aux missions Apollo: un matériau d’origine terrestre a-t-il déjà été identifié parmi eux ?
Selon McKay, la réponse est non. « Je n’ai pas connaissance de notifications de la présence de tels matériaux parmi les échantillons collectés, mais la raison en est peut-être que personne ne les y a vraiment cherchés ! Il s’agit d’un domaine de recherche entièrement nouveau, qui n’avait jamais été envisagé au cours des trente dernières années depuis lesquelles le programme Apollo est achevé. »
Où donc faudra-t-il que les prochains astronautes à marcher sur la Lune cherchent pour trouver ces matériaux terrestres éjectés ? C’est l’objet de la deuxième partie de cet article, "la Lune nous rendra-t-elle la mémoire ?" (lien ci-dessous) Envoyer à un amiEcrire à l'auteurRetour à la Une
Les articles de ce dossier
Mémoire vive sur astre mortCertains exobiologistes pensent que des vestiges inestimables du lointain passé de notre planète pourraient se trouver préservés sur la Lune. Voici leurs arguments.
La Lune nous rendra-t-elle la mémoire ?Où donc faudra-t-il que les prochains astronautes à marcher sur la Lune cherchent pour trouver ces matériaux terrestres éjectés ? Il y a plusieurs possibilités
- La science et la mort Si les sciences, comme langage universel, remplissent une des anciennes fonctions des religions qui est de servir de référence commune, il semblait du moins que la science en général, et la biologie en particulier, n'avaient rien à nous dire sur la mort, rejetée dans le néant, hors de son domaine et laissée aux religions pour nous en consoler. C'est l'exploit de Jean-Claude Ameisen, d'avoir fait entrer la mort en science d'une façon qui non seulement évite la plupart du temps les dérives habituelles de ce type d'exercice, mais qui change véritablement notre perception de la vie et de la mort. Ce n'est pas rien."La vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort". Ainsi débutaient les "Recherches physiologiques" de Bichat en 1800. En termes plus physiques Schrödinger caractérisera la vie en 1944 par son entropie négative (néguentropie), c'est-à-dire sa capacité à résister à la désorganisation. A partir de là, on pourrait penser qu'on n'a plus qu'à rejeter le plus loin de nous la mort et l'entropie pour s'occuper du sens de la vie elle-même dans sa positivité, détachée de ce qui la menace et dont elle se prémunit. Vivre, ce serait oublier la mort et nos échecs passés, une pensée positive sans négatif, mais c'est une vie désincarnée, idéalisée et qui semble bien arbitraire, autant dans son déploiement que dans sa fin tragique imméritée. Ce livre extraordinaire montre au contraire la présence de la mort au coeur même de la vie, de la construction de l'embryon jusqu'à la vieillesse. On y découvre très concrètement cette intrication de la vie et de la mort, cette mort vivante sans cesse à l'oeuvre qui trace nos contours, dessine nos destins et signe notre appartenance à une communauté et une histoire qui nous dépassent et dont nous sommes de simples témoins de passage.On n'arrête jamais de mourir. La mort ce n'est pas la faute du sexe, comme on a pu le croire, les bactéries ne sont pas immortelles, elles ne se divisent pas indéfiniment mais enfantent (bourgeonnent), vieillissent et meurent. La mort c'est la vie tout simplement. Mais la mort de qui, la mort de quoi ? Telle est la question de la reproduction et de l'évolution. La question de la vie devient celle de sa transmission plus que de sa durée, où la communication et la reproduction tendent à devenir plus décisives que les ressources physiques pourtant déterminantes en dernière instance. Ce que nous dévoile enfin ce livre sans le dire vraiment, c'est que la mort c'est l'information, car c'est en réponse à des informations (des hormones) ou bien à l'absence de toute communication, et non à cause de la violence des agressions extérieures, qu'un processus de dégénérescence se déclenche activement pour causer la mort. La mort participe plutôt d'une forme d'apprentissage (apprendre c'est éliminer) ainsi que du désapprentissage périodique lié à toute adaptation (nécessaire "rafraîchissement" de l'information). Du coup la vie elle-même est entièrement dépendante de l'information et ne se réduit donc absolument pas à un processus physique, un automate biochimique encore moins une "structure dissipative". La mort qui nous habite c'est la présence des autres et de l'extériorité au plus intime de notre être singulier. Nos corps sont colonisés par l'ennemi depuis toujours et nous sommes à la merci d'un regard qui nous transperce le coeur.- La mort vivante (extraits)De même qu'il faut se servir de l'entropie (de l'énergie) dans la lutte contre l'entropie, la vie se débat perpétuellement entre exécuteurs et protecteurs, sculptée intimement par une mort sans laquelle elle ne pourrait pas vivre. Une des meilleures illustrations du rôle du suicide cellulaire dans la sculpture de l'embryon, dès les débuts de la vie donc, c'est la disparition des palmes pour avoir des doigts, puisque l'embryon a d'abord des mains palmées. La mort ici ne doit rien aux blessures du temps. On connaissait déjà le mécanisme de l'apoptose, du suicide cellulaire (dont le dérèglement caractérise le cancer), et la nécessité pour un neurone d'être relié aux autres pour y résister, mais cela se révèle un phénomène beaucoup plus général, présent chez les bactéries déjà, inhérent aux équilibres écologiques. Il n'y a pas de vivant isolé et qui ne soit en communication constante et vitale avec son environnement. Pour vivre, on a besoin d'un environnement qui ne soit pas trop défavorable mais surtout on a besoin de signaux d'encouragements pour ne pas mourir. Loin d'une supposée lutte à mort des dominants qui déciderait des survivants, c'est une mort intérieure qui nous ronge, un appel à l'aide originaire, une exigence de reconnaissance, une dépendance sociale primordiale. "A la base de chaque être, il existe un principe d'insuffisance" disait Georges Bataille dans son "Principe d'incomplétude". L'élan vital ne se fonde pas sur soi-même mais sur l'interaction avec les autres. On ne s'en aperçoit pas, sans doute, tant qu'on n'est pas exclu et rejeté de l'échange mais c'est le désir de l'autre qui nous fait vivre et nous sauve du suicide, jours après jours jusqu'à la fin.
On a longtemps pensé que la disparition de nos cellules - comme notre propre disparition, en tant qu'individu - ne pouvait résulter que d'accidents et de destructions, d'une incapacité fondamentale à résister à l'usure, au passage du temps et aux agressions permanentes de l'environnement.Mais nous savons aujourd'hui que la réalité est de nature plus complexe. Une vision radicalement nouvelle de la mort s'est révélée comme un mystère au coeur du vivant. Aujourd'hui, nous savons que toutes nos cellules possèdent le pouvoir, à tout moment, de s'autodétruire en quelques heures. c'est à partir d'informations contenues dans leurs gènes - dans nos gènes - que nos cellules fabriquent en permanence les "exécuteurs" capables de précipiter leur fin, et les "protecteurs" capables de les neutraliser. Et la survie de chacune de nos cellules dépend, jour après jour, de sa capacité à percevoir dans l'environnement de notre corps les signaux émis par d'autres cellules, qui, seuls, lui permettent de réprimer le déclenchement de son autodestruction.Ces notions nouvelles ont commencé à transformer la notion même de vie. D'une manière troublante, contre-intuitive, paradoxale, un événement perçu jusqu'ici comme positif - la vie - semble résulter de la négation d'un événement négatif - l'autodestruction. Et un événement perçu jusque-là comme individuel, la vie, semble nécessiter la présence continuelle des autres - ne pouvoir être conçue que comme une aventure collective. 15Contrairement au caractère anarchique et cataclysmique de la nécrose, l'apoptose se déroule d'une manière étrangement discrète et stéréotypée. Alors que la nécrose donne l'image d'un phénomène d'explosion, l'apoptose ressemble à un phénomène d'implosion. La cellule qui déclenche son suicide commence tout d'abord par couper tout contact avec son environnement. Comme un animal en train de mourir, la cellule se détache et s'écarte des cellules voisines. puis elle se morcelle de manière ordonnée : elle condense, puis fragmente son noyau, découpant en petits morceaux l'ensemble de la bibliothèque de ses gènes. dans le même temps, le corps cellulaire se condense, lui aussi, puis se fragmente en petits ballonnets, les "corps apoptotiques". La membrane externe de la cellule se modifie, prend un aspect bouillonnant, mais reste intacte, empêchant la libération à l'extérieur des enzymes qu'elle contient, évitant toute destruction environnante. Cette mort rapide, solitaire et sans fracas, n'entraîne habituellement ni lésion, ni inflammation, ni cicatrisation. Les cellules environnantes comblent l'espace laissé libre par les morts. Bientôt, il ne reste plus aucune trace du travail rapide et discret de l'autodestruction. 57Alors qu'elle est en train de mourir, la cellule qui s'auto-détruit s'adresse aux cellules qui l'entourent [...] C'est parce que la mort cellulaire est un suicide - un phénomène actif d'autodestruction - et non le résultat d'un meurtre brutal ou d'une paralysie, qu'elle peut s'accompagner d'un discours, de l'émission de signaux et de messages, et ne se déroule pas dans un silence total ou dans un brouhaha indistinct, un fracas. Les signaux qu'émettent les cellules mourantes dans le langage des vivants peuvent modifier les propriétés des cellules voisines [...] Mais il est d'autres messages, très particuliers, qu'adresse toute cellule en train de s'autodétruire. Ces messages sont émis dans le langage des mourants, et portent la signature de la mort. Ces messages s'apparentent à une demande de sépulture. Dans l'embryon en train de se construire, le développement ne met pas uniquement en place les éléments permettant de prononcer une sentence de mort et de l'exécuter ; il permet aussi l'établissement de rites funéraires complexes. 61 Il n'y a pas dans l'embryon, de cadavres cellulaires. 62Il semble que chaque cellule vivante affiche, en permanence, à sa surface, un signal. Ce signal de vie aurait pour effet de permettre à chaque cellule vivante d'empêcher, à tout instant, qu'une cellule fossoyeuse ne s'ancre à elle, à la recherche de la signature des morts. Et il semble que chaque cellule qui s'engage sur la voie qui mène à l'autodestruction, avant même d'afficher la signature des morts, commencerait par cesser d'afficher la signature des vivants. 67Les signaux qui contrôlent la localisation d'une cellule contrôlent aussi son destin. Mais il y a une dimension plus subtile à ce couplage que la simple obligation faite à une cellule, pour survivre, d'occuper un endroit précis du corps. La vie et la mort d'une cellule dépendent aussi de la surface disponible à laquelle elle peut, à un endroit donné, de fixer. Plus cette surface est réduite - plus la cellule doit adopter une forme sphérique ou cylindrique pour s'y attacher -, plus elle a besoin d'une quantité importante de signaux de survie pour réprimer le déclenchement de son suicide. Plus cette surface est vaste - plus la cellule peut s'étaler pour s'y fixer -, moins elle a besoin de signaux de survie. 141Une infime proportion des nutriments n'est pas ingérée : elle est capturée par des récepteurs de surface qui délivrent un signal à la bactérie. Ainsi chaque nutriment est à la fois utilisé par la bactérie comme un aliment dont elle se nourrit et comme un signal qu'elle transforme en langage. Immergée dans son environnement, en tirant les ressources qui lui permettent de survivre, la bactérie perçoit, à mesure qu'elle les consomme, la quantité des ressources extérieures qui restent disponibles. 288Aucune bactérie ne peut, à elle seule, déclencher en elle-même ou dans ses voisines une réponse drastique aux modifications qu'elle a perçues de son environnement. La décision de s'engager ou non sur le chemin de la différenciation qui peut conduire au suicide collectif sera donc le résultat d'une décision collective. Et cette décision collective résultera d'une consultation "démocratique". 292Comme dans les phénomènes de seuil, la réponse se fait selon une règle de tout ou rien. Ou bien une collectivité suffisamment compacte bascule dans la différenciation, ou bien aucune des cellules ne se différencie, qu'elle qu'ait été la nature de son interprétation individuelle des changements de son environnement.Contrairement à la plupart des idées habituelles, réductionnistes, sur les modalités de la vie des bactéries, le comportement d'une colonie ne peut être simplement réduit à la somme des comportements individuels de ses membres. Il s'agit d'un comportement collectif, doté d'une puissance d'adaptation et d'une robustesse sans commune mesure avec celles de chacun de ses membres. Les sociétés bactériennes transforment en langage les signaux qu'elles perçoivent de l'environnement. Et les bactéries dialoguent en permanence. 293Il existe des relations étroites entre les phénomènes qui contrôlent le vieillissement cellulaire et ceux qui participent au contrôle du suicide cellulaire. La fabrication soudaine par un fibroblaste d'une grande quantité de la protéine "Ras" le précipite prématurément dans la vieillesse et la stérilité. mais elle a aussi pour effet de réprimer le déclenchement du suicide [...] La perte du pouvoir de se dédoubler - l'entrée dans le vieillissement - s'accompagne d'un gain dans la capacité à survivre jusqu'aux limites de la longétivité "naturelle" maximale. 363La répression anormale du suicide dans des cellules toujours fécondes favorise le développement de cancers. Au contraire, le déclenchement anormal du suicide dans les neurones du cerveau favorise le développement des maladies neurodégénératives, la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson.Ainsi, deux des grandes familles de maladies catastrophiques qui marquent, vers l'âge de soixante ans, l'entrée dans le vieillissement sont liées à la répression anormale du suicide dans certaines familles cellulaires et au déclenchement anormal du suicide dans d'autres. 365La cellule-mère dédouble d'abord la bibliothèque de ses gènes et en répartit les deux exemplaires aux deux extrémités de son corps cellulaire. Mais ce corps cellulaire ne se sépare pas en deux moitiés égales. A une des extrémités du corps de la cellule-mère, une future cellule-fille commence à se développer comme un bourgeon, puis se détache de la cellule-mère. La petite cellule-fille va ensuite progressivement augmenter de volume. 412L'idée est que la victoire du vivant sur l'usure est liée à une accentuation locale de la désorganisation, de l'avancée vers le désordre, dans une partie - la cellule-mère - qui permet de faire naître, dans l'autre partie - la cellule-fille - un niveau local, discret, d'ordre et de complexité. Accélérer la disparition d'un corps maternel pour permettre la naissance et la survie d'un corps d'enfant. Peser sur le caractère inévitable de l'usure, de l'érosion de la matière qui compose le vivant pour en reconstruire une copie nouvelle. utiliser l'énergie encore présente dans ce qui va disparaître pour construire une incarnation nouvelle. 417Mais là encore, ce qui apparaît comme le plus important, c'est la brisure de symétrie, le fait qu'une cellule se transforme en deux cellules dont l'une est plus stérile, plus "vieille" et l'autre plus féconde et plus "jeune" [...] Il y a, inhérente à cette vision, l'idée que l'économie de l'univers du vivant ne fait pas exception à l'économie de l'univers de la matière dont il est né et auquel il appartient. Tout accroissement local du degré d'organisation et de complexité - toute diminution locale d'entropie - ne peut se faire que dans un contexte de diminution, ailleurs, du degré d'organisation et de complexité - d'augmentation d'entropie. 418- Le mécanisme de dépendance (entre exécuteur et protecteur)La mise en place de "modules de dépendance" associant un exécuteur et un protecteur est assez étonnante. Leur efficacité est basée sur la menace persistante de l'exécuteur et la nécessité d'obtenir de lui en permanence assez de protecteur, plus éphémère, pour survivre à cette mort qui nous habite. On voit que la symbiose n'est pas une dépendance réciproque aussi idyllique qu'on se l'imagine. C'est un schéma qui évoque plutôt le fonctionnement des mafias ou des toxicomanies mais qui représente le schéma inversé d'une régulation cybernétique associant une boucle de rétroaction positive (une dynamique amplificatrice) avec une boucle de rétroaction négative qui en prend le contrôle, la stabilise et l'asservit à un niveau supérieur, une finalité collective (il y a des valeurs supérieures, ce n'est pas une question de jugement mais de fait : les niveaux supérieurs imposent leurs contraintes, leurs exigences, plus ou moins bien, plus ou moins durement, plus ou moins vite, par l'information, la circulation ou la violence). Dans le mécanisme de dépendance, c'est le négatif (exécuteur) qui assure le dynamisme positif (protecteur), sorte d'irritation provoquée par ce parasitisme. Bien sûr on ne peut mettre sur le même plan, comme dans la fable de Menenius Agrippa, la société et un corps, les hommes et de simples cellules (ni même des abeilles), cela n'empêche pas ces mécanismes de fonctionner de façons plus ou moins impératives ou probabilistes. L'individu moderne a conquis une certaine indépendance qu'il faut encore développer mais qui reste toute relative, il faut en être conscient malgré l'idéologie oedipienne du self made man et du moi autonome.
Nous découvrons des modules exécuteur / protecteur au centre des combats sans merci que se livrent, depuis la nuit des temps, les êtres vivants les plus simples de notre planète. Ces modules constituent les armes d'un combat "égoïste" pour la survie et l'exploitation d'une proie par un prédateur. Mais, de ces combats sans merci, naissent peu à peu des êtres nouveaux, des sociétés symbiotiques à l'échelle d'une seule cellule.Et nous entrevoyons ces premières formes ancestrales de modules exécuteurs / protecteur en train de participer à une oeuvre que nous connaissons bien : la construction de nouvelles "sociétés", dont l'interdépendance absolue n'a pour alternative que la mort.L'efficacité du module de dépendance repose sur un mécanisme d'une merveilleuse simplicité : l'existence d'une différence de stabilité dans le temps entre l'exécuteur - la toxine -, capable de détruire la bactérie, et l'antidote - le protecteur -, capable de neutraliser l'effet de la toxine. 282L'idée est la suivante : chacune de ces étapes essentielles impliquent l'activité d'enzymes "bâtisseurs" capables, chacune, si leur fonctionnement n'est pas étroitement contrôlé, de provoquer à elle seule la destruction de la cellule [...] L'idée est que chacune de ces enzymes "bâtisseurs" est potentiellement un exécuteur. L'idée est que les réseaux de "bâtisseurs" n'ont pu être pérennisés et propagés que s'ils étaient associés à des réseaux d'inhibiteurs - de protecteurs - capables de restreindre ou d'interrompre à temps leur activité. Tout module constitué d'une enzyme puissante - à la fois nécessaire et dangereuse - et d'un inhibiteur - capable d'en limiter, d'en orienter l'activité - préfigure déjà un ancêtre potentiel des modules exécuteurs / protecteurs [...] le pouvoir de s'autodétruire comme prix à payer pour le pouvoir de s'auto-organiser. Ils ont intrinsèquement liés à la nature même de la vie. 315- Les mécanismes de défense (sélection naturelle)On ne peut tout citer, mais, la construction du système immunitaire dans le thymus est aussi surprenante dans son mécanisme de création de diversité et de sélection pour optimiser la défense du non-soi sans menacer le soi, dans un compromis toujours imparfait. L'élimination des globules blancs qui n'interagissent pas du tout avec les cellules du corps témoigne de ce que le corps étranger qui nous menace n'est pas si étranger que cela. La biosphère a un air de famille et vouloir trop se protéger des autres, par un système immunitaire hyperactif, c'est se détruire soi-même (maladies auto-immunes). Cela veut dire aussi que nous n'aurions aucune défense contre les nouvelles formes de vie synthétique qu'on nous prépare !
Dans le corps de l'embryon en train de se construire, le destin individuel de chaque lymphocyte T - sa survie ou sa mort - dépendra de la nature des interactions de son récepteur avec son environnement. Toute fixation trop intense du récepteur avec le soi présenté par les cellules sentinelles déclenche un signal fort, qui provoque le suicide immédiat du lymphocyte qui le reçoit. Et le lymphocyte disparaît au moment même où il fait la preuve de son caractère dangereux. Inversement, un récepteur totalement incapable d'interagir avec le soi ne pourra transmettre durant trois jours aucun signal au lymphocyte qui le porte. et l'absence de tout signal, à elle seule, déclenchera le suicide de lymphocyte qui a fait preuve de son incapacité à interagir avec les cellules sentinelles - la preuve de sa probable inutilité future. Ainsi meurent durant leur voyage de trois jours dans le thymus environ 99% des dizaines de milliards de lymphocytes dont les récepteurs ont fait la preuve qu'ils répondent trop bien au soi, ou, au contraire, qu'ils sont totalement incapables d'y répondre. Le thymus est un cimetière où disparaît à jamais la quasi totalité de l'immense diversité des lymphocytes qu'a fait naître l'exploration aléatoire du champ des possibles. 83Tout ceci ne rend pas justice au livre qui se lit comme un roman policier et nous fait vivre la passion d'une recherche qui nous tient en haleine, sans cesse relancée de pages en pages, de découvertes en découvertes, complexifiant petit à petit notre compréhension du rôle de la mort dans l'évolution des organismes. C'est certainement un des meilleurs livres d'initiation à la biologie en train de se faire.- De la biologie au politique (critique)Vouloir tirer des conclusions politiques de la biologie est très dangereux, on l'a vu de Spencer au nazisme. Cela mène à négliger le niveau d'autonomie atteint pas l'individu, à dénier les luttes de classes ou d'intérêts, en ignorant l'histoire, à réduire la parole et le langage à des codes chimiques, à justifier l'ignoble enfin. Ainsi, le néo-libéralisme croit se justifier par l'invocation de l'évolution, qui serait sans projet et qu'il faudrait laisser faire, on ne sait pourquoi, alors que la vie est essentiellement projet (la vision vise sa proie) même si les choses ne se passent jamais tout-à-fait comme on le voulait. On comprend la nécessité pour les scientifiques de réfuter les interprétations religieuses mais on ne peut éliminer la finalité de la vie pas plus que de l'information. Il faut simplement en avoir une conception plus critique, précise, limitée et "matérialiste", celle d'une régulation cybernétique sélectionnée par ses résultats, d'une finalité apprise (répétition d'un plaisir). Il est très significatif de l'idéologie dominante que l'auteur se sente obligé d'insister sur l'absence de projet d'une évolution, qui n'a rien de linéaire en effet, alors même que tout son effort vise à mettre en relief une sorte de projet sous-jacent au suicide cellulaire (qui certes n'a rien à voir avec un projet divin). On peut dire que dès qu'il y a information, il y a projet c'est-à-dire un résultat extérieur qui est visé, projeté, et qui mobilise les ressources propres pour atteindre cette fin, par tous les moyens (c'est ce qu'on appelle l'équifinalité).Il faut s'avancer dans ce domaine avec beaucoup de rigueur et de prudence, plus que dans les toutes dernières pages où l'auteur témoigne de ses scrupules mais ne semble pas comprendre pour autant ce qui différencie si radicalement les niveaux biologiques et humains. Il faut insister, avec Canguilhem, sur le fait qu'un organisme a sa finalité et ses régulations en lui-même alors qu'une société doit se donner finalités et régulations, pris dans une histoire. Il n'y a pas de traduction politique immédiate de notre nature biologique car l'homme s'arrache à l'animalité par le langage et s'avère capable de maîtriser ses instincts par la réflexion et l'apprentissage ou l'habitude. La culture s'oppose à la nature nécessairement pour exister comme culture et cet univers de la parole nous ouvre à une dignité et une liberté supérieures, des savoirs et des techniques qu'on ne saurait réduire au biologique, pas plus que le biologique ne se réduit au physique.On ne peut dire pour autant qu'il n'y a aucun rapport entre biologie et société. Politique et sociologie ont malgré tout beaucoup à apprendre de la biologie et de l'éthologie (tout comme de l'ethnologie et de la psychanalyse, entre autres). Théorie des systèmes, cybernétique, cognitivisme, pensée complexe tentent d'incarner cette ambition d'en tirer des modèles opérationnels, en essayant d'éviter les confusions de niveau dont se rend coupable une sociobiologie libérale ou fascisante facilement exterminatrice. S'il est donc intolérable d'imaginer justifier la peine de mort ou même de prétendre simplement accepter la mort au nom de la biologie, du moins on peut en tirer une meilleure compréhension du suicide, qui ne parait plus aussi contradictoire d'être une potentialité préalable (et toujours réprimée). Ainsi, les corrélations établies par Durkheim entre le nombre de suicides et l'anomie sociale entrent en résonances avec notre dépendance originaire envers les autres ou une dynamique supérieure, qui est celle de notre entourage immédiat aussi bien que de l'histoire humaine. La société et l'histoire existent réellement, dynamiques où nous sommes parties prenantes, actifs, réactifs, rétroactifs, opposant notre résistance aux menaces et modifiant l'avenir en corrigeant les dérives du temps pour les générations futures.Ce n'est une nouveauté que pour la biologie sans doute, mais il n'est pas inutile qu'elle rappelle à quel point la précarité fait partie intégrante de la vie, notamment de la vie humaine, tout autant que l'amour, ou la reconnaissance, dont nous avons tous besoin et qui nous sauve de la mort vraiment, du moins autant qu'il dure et ne nous a pas rejeté dans le néant.
Pareil à l'expulsion du Jardin d'Eden, l'exil ôtait l'accès à un Arbre de Vie : la présence des autres. mais il est d'autres variations sur l'exil dont la manifestation contemporaine est l'exclusion à l'intérieur de nos sociétés : l'abandon, la solitude, l'errance, la maladie et la mort de ceux qui sont soudain livrés à eux-mêmes, sont hors du champ des relations d'interdépendance qui unissent les membres de la collectivité qui les entoure et les côtoie.La précarité - et le sentiment de cette précarité -, la dépendance - et le sentiment de cette dépendance -, ont-ils constitué des composantes déterminantes de l'évolution des cultures humaines ? 443
Jean Zin 11/02/05http://perso.orange.fr/marxiens/sciences/ameisen.htm
La mort programmée des lymphocytes
Selon une étude américaine, le virus du Sida provoquerait le suicide en masse des lymphocytes T CD8.
ans la bataille que livrent les scientifiques contre le virus du Sida, un point vient d'être marqué par une équipe américaine. L'étude réalisée par Georges Herbein, Eric Verdin et leurs collègues met en lumière le rôle du VIH dans l'apoptose des lymphocytes T CD8, les cellules chargées de détruire les intrus.Les chercheurs savent depuis plusieurs années comment le virus infecte les lymphocytes T CD4. Le VIH se fixe sur deux récepteurs présents à la surface de ces cellules, le récepteur CD4 et un récepteur de chimiokines, les molécules qui donnent l'ordre aux cellules de se rendre à un endroit précis de l'organisme. Or, chez les patients atteints du Sida, le taux de renouvellement des lymphocytes T CD8 est très élevé, révélant la mort et la production excessives de ces cellules. Comment le virus peut-il causer la mort des CD8 alors qu'elles ne possèdent pas le récepteur CD4 ?
Les études réalisées in vitro par les chercheurs américains apportent un début de réponse. Lors de la phase tardive de l'infection, l'organisme des patients porteurs de certains VIH appelés VIH-SI (pour Syncitium Inducing) n'arrive plus à renouveler les lymphocytes tueurs. La maladie progresse alors plus vite. Cette variété du virus semble en effet capable d'imiter certaines chimiokines. "Le virus joue le rôle du SDF-1, explique le professeur Ameisen de l'hôpital Bichat, à Paris. Il semble que cette chimiokine, lorsqu'elle donne l'ordre aux CD8 d'intervenir quelque part, les prépare également au suicide. Si ces cellules ne se rendent pas au bon endroit, elles sont détruites." En se fixant au récepteur CXCR4 présent à la surface des lymphocytes CD8, le virus active le récepteur du Tumor Necrosis Factor (TNF). Cette activation provoque alors l'apoptose de la cellule si elle rencontre d'autres cellules immunitaires, les macrophages, dans lesquels le virus a induit l'expression du TNF par l'intermédiaire du récepteur CXCR4. Les résultats d'une autre étude américaine montrent des phénomènes semblables touchant les neurones, la mort de ces cellules conduisant à des démences. La découverte du rôle du VIH dans la mort des cellules CD8 ouvre de nouvelles perspectives. "Nous ne savons pas encore à quel point l'enveloppe du virus imite les chimiokines", estime le professeur Ameisen. Bloquer le récepteur CXCR4 pourrait servir d'arme contre le virus. Mais des tests in vivo sont maintenant indispensables pour confirmer cette découverte "De plus, nous ignorons encore quelles conséquences aurait l'éventuel blocage du CXCR4 sur l'organisme", conclut le professeur Ameisen.
Sida15 septembre 1998
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Expériences de Mort Imminente : quelles avancées ?
Depuis les années 70, suite à la sortie en librairie du fameux livre du Dr Moody, « La vie après la Vie », un public de plus en plus important s’est intéressé aux NDE ( Near Death Experience) ou EMI (Expérience de Mort Imminente). Raymond Moody a été un des premiers « vulgarisateurs » de ce phénomène en apportant dans son livre et dans les suivants, un grand nombre de témoignages de personnes déclarées « cliniquement mortes » par la médecine et qui ont été réanimées quelques instants plus tard !
Nous avons pu assister le 17 Juin 2006 au Palais des Congrès de Martigues (Bouches du Rhône - France) aux Premières Rencontres Internationales sur « L’Expérience de Mort Imminente » organisées par Sonia Barkallah qui regroupaient parmi les conférenciers des personnalités reconnues de la médecine comme le Dr Raymond Moody, le Dr Pim Van Lommel, le Dr Sam Parnia, le Dr Jean Jacques Charbonnier et bien d’autres. Pour plus de renseignements je vous conseille le site consacré à ces rencontres internationales ainsi que les synthèses effectuées par la Wikipedia en français ou, plus détaillée, en anglais.
Lors de cette conférence ouverte au public, nous avons pu prendre connaissance des dernières découvertes de la science et de la médecine sur les NDE et nous avons aussi pu entendre plusieurs personnes témoignant de leurs expériences personnelles sur ces phénomènes.
Ces nouveaux témoignages (notamment celui de Jean Morzelle) corroborant ceux déjà existants nous interpellent sur l’existence de « la Vie après la Vie » mais aussi sur l’existence d’une Conscience séparée du Cerveau, cette conscience que les personnes appellent aussi Esprit ou Ame. En effet, tous les témoignages font état d’une même « décorporation consciente », ou « sortie du corps » au cours de laquelle les personnes pouvaient « voir » à 360° (alors que notre vision humaine « normale » n’est que de 180° !), « entendre » les intervenants présents pour les réanimer, « se souvenir » de leur vie actuelle dans les moindres détails depuis la naissance jusqu’au moment présent, etc ..
Plusieurs questions importantes se posent alors :
- Comment peut-on « voir », « entendre », « raisonner », « se souvenir » alors que nous n’utilisons plus les organes correspondants ?
- Comment peut-on « se souvenir » d’évènements, « raisonner », « voir » alors que l’Electro-encéphalogramme (E.E.G.) est plat ?
- Comment peut-on « se souvenir » des différentes phases de sa NDE après la réanimation alors que le cerveau n’a rien pu « enregistrer » à ce moment précis ?
Comment répondre à ces questions alors que la médecine nous enseigne que l’œil est l’organe de la vue, que la mémoire est une fonction du cerveau (mémoire à court terme et à long terme), que le raisonnement est un processus qui permet d’obtenir de nouveaux résultats ou de vérifier un fait en faisant appel à ses connaissances donc à ses souvenirs et enfin, les réponses apportées ne peuvent elles être que des suppositions au regard des divers résultats obtenus lors des études ?
Les fonctions cognitives chez l’Homme
Une courte définition nous indique que les fonctions cognitives sont les grandes fonctions de l’esprit (perception, langage, mémoire, raisonnement, décision, mouvement...) et que l’on parle aussi des fonctions cognitives supérieures pour désigner les facultés que l’on retrouve chez l’homme (mais pas chez l’animal) comme le raisonnement logique, le jugement moral ou esthétique...
Si les fonctions cognitives sont des fonctions de l’esprit, il n’y a donc rien d’étonnant à les retrouver lors des descriptions d’une NDE. Les témoignages indiquent ainsi, une « vision » des évènements, la « vision » d’un tunnel, d’une lumière brillante, la rencontre et la reconnaissance d’un parent décédé (fonction de « mémoire »), la prise de conscience de sa situation (fonction de « raisonnement »), l’analyse des actes de sa propre vie en présence d’un être de lumière (fonction supérieure de « jugement moral »), etc.
Le seul fait surprenant est que ces différentes fonctions sont normalement attribuées aux organes correspondants comme le cerveau et l’œil mais que dans le cas des NDE, le cerveau présente un électro-encéphalogramme (E.E.G.) plat c’est-à-dire sans aucune activité électrique enregistrée. Nous pouvons donc conclure que même dans les conditions d’une « mort clinique », les fonctions cognitives de l’homme restent actives alors que la logique voudrait pourtant qu’elles soient totalement inexistantes.
Des fonctions cognitives délocalisées ?
Les différentes études réalisées par le Dr Pim van Lommel (lire : The Lancet - 15/12/2001) et le Dr Sam Parnia ( lire :What happens when we die ? - Hay House Inc) tendent à prouver l’existence d’une conscience « délocalisée » chez l’Homme lors d’une NDE. En revanche, ces différentes études nous apportent involontairement une information complémentaire très intéressante. Les descriptions précises faites par les personnes ayant vécu une NDE indiquent que les fonctions cognitives sont, elles aussi, délocalisées au même titre que la conscience. Mais que la conscience soit délocalisée est une chose, en revanche que toutes les fonctions cognitives le soient aussi implique que l’ensemble des organes (cerveau, œil, etc.) attachés normalement à ces fonctions ne le soient pas réellement.
De nombreux témoignages, dont celui de Jean Morzelle donné lors de la conférence de Martigues, indiquent une « vision » sur 360° ainsi que la capacité de « zoomer » à volonté et sans efforts sur un point ou un endroit précis. Ces possibilités décrites sont pourtant totalement irréalisables pour l’œil humain « normal ». La « vision » serait alors bien indépendante de l’œil. La même démonstration indique que la « mémoire », le « raisonnement », le « jugement moral » seraient aussi indépendants du cerveau. Différentes études réalisées par le Dr Fenwick et indiquées par le Dr Parnia dans son ouvrage, tendent à confirmer ces faits avec les cas de NDE chez des patients aveugles de naissance qui auraient pu « voir » et « décrire » leurs expériences.
Cette délocalisation tant de la conscience que des fonctions cognitives qui y sont attachées et même véhiculées par elle, peut être très importante pour l’Homme.
Quels avantages pouvons-nous tirer de cette délocalisation ?
Certaines personnes peuvent penser que ces études tendant à prouver la délocalisation de la conscience lors d’une NDE seraient une preuve scientifique de la survie de l’Ame après la mort. Cette survie qui a été enseignée depuis de nombreux siècles par différentes églises (bouddhistes, etc.) ou des décennies par des associations philosophiques (société théosophique, etc.) n’est, malgré tout, restée jusqu’à présent qu’une proposition, qu’un dogme et les études sur les NDE ne confirment ou n’infirment absolument rien sur cette survie après la mort.
En revanche, le fait que les fonctions cognitives soient délocalisées pourrait certainement générer plusieurs avantages chez l’Homme et des recherches devraient être lancées afin d’étudier les possibilités de la « mémoire », de la « vision » et du « raisonnement » pendant une NDE. Il apparaît, en effet, à la lecture des témoignages que lors des NDE les facultés mnésiques soient exceptionnelles et proches d’une mémoire dite eidétique. Cette possibilité ne serait-elle pas assimilable à la définition des « archives akashiques » que les enseignements ésotériques et gnostiques situent « en un endroit dans l’éther, lumineux et paisible et dans lequel règne un indicible bien-être, et ou sont conservées les mémoires de chaque vie sur Terre » ?
De même, la « vision » lors d’une NDE semble plus précise et globale que la vision dite « normale ». La conscience qui la véhicule peut, comme nous l’avons entendu notamment avec le témoignage de Jean Morzelle, se déplacer en passant au travers des murs, lire des inscriptions « cachées » sous des tables d’opérations. Nous sommes presque dans un film d’espionnage et je pense que de nombreux gouvernements ont déjà pensé à étudier ce sujet.
Les conclusions
Lorsque dans les années 70 j’ai lu les ouvrages du Dr Moody et même lorsque je suis allé à la conférence de Martigues, j’étais loin de penser que la science rattrapait et validait à sa façon les enseignements des églises et autres associations philosophiques. Les « décorporations lors d’une NDE ne sont-elles pas assimilables dans une certaine mesure aux « sorties en astral » des gnostiques et la mémoire eidétique pendant cette période, n’est-elle pas assimilable aux « archives akashiques » des enseignements ésotériques ?
A la fin de la conférence de Martigues, le Dr Moody nous donna rendez-vous et nous prédit des découvertes extraordinaires avant 4 ans grâce aux études de plus en plus nombreuses sur les NDE. Quelles peuvent être ces futures découvertes ? La communication avec des personnes décédées telles que l’enseigne depuis la fin du 19e siècle les spirites adeptes d’Alan Kardec ? Pourquoi pas ? De grands scientifiques comme Camille Flammarion (lire : La mort et son mystère) et de grands poètes comme Victor Hugo (lire : Les Tables tournantes de Jersey) n’ont fait qu’explorer le sujet. A leur époque le monde n’était peut être pas encore prêt. L’est-il aujourd’hui ?
: Vie après la mort ?
ronronladouceur
09/01/2004, 02h49
Peut on dire qu'il y a une vie après la mort ?Si l'on considere comme beaucoup de scientifique qu'il n'y a rien... Quel est alors le sens de la vie... ? Etre poussière.. vivre .. et redevenir poussiere... ? Quel intérêt alors pour ceux qui ont une vie désastreuse... autant se suicider .. non ?Ce n'est là qu'une considération scientifique et elle vaut ce qu'elle vaut, c'est-à-dire ni plus ni moins que la tienne, la mienne ou une autre...Peut-être y a-t-il quelque chose... Peut-être rien... Et donc faut voir ailleurs...Serions-nous les décideurs du sens? Tout n'a-t-il de sens que celui que je lui donne?En ce moment, je pense à ma blonde... à ma muse étoile... à la présence réelle... et à coco...Claude
Coincoin
09/01/2004, 07h51
Quel est alors le sens de la vie... ?Qui a dit qu'elle avait un sens? Je rejoins Ronronladouceur pour dire qu'elle a le sens qu'on lui donne...
Neutrino
09/01/2004, 10h42
Je comprend pas cette façon de penser. S'il n'y a rien après la vie, ce qui est présenté comme desastreux (ce n'est pas si évident), il faut l'abréger par le suicide? pourquoi vivre toujours plus? Rêver à la vie après la mort est souvent le fait de gens qui refusent de façon purement égocentrique et inavouée le fait que leur existence est contingente et qu'elle doit bien avoir une fin... il y a deux sortes de vie après la mort- la métempsychose : se réincarner. Fait l'économie de mettre un autre monde au dessus du notre pour les humains...- partir ailleurs (paradis, walala, rejoindre ses ancêtres...)... rassure définitivement : dans ce monde là, on ne peut jamais mourir une seconde fois, et on y est récompenser pour les attitudes qui arrangent la société dans notre bas monde mais sont dures à faire avaler. Au début du christianisme, le dogme était que les morts dormaient simplement en attendant d'être ressuciter dans CE monde et d'y vivre éternellement, d'où une sacralisation assez hors de propos de la dépouille, puis est arrivé le dogme du paradis/enfer directement après la mort (on y a vu une raison de la décrispation à propos de la dissection anatomique...).Physiquement il n'y rien après la vie... le cerveau s'arrête... et puis rien, le corps se désagrège. On ne voit rien "partir", on ne détecte rien qui émane du corps (qui violerait les lois de la thermodynamique en passant).Le reste, le non-physique, c'est du domaine de la croyance, et un scientifique est aussi peu compétent que les autres pour en parler. Mais les scientifiques ont probablement plus envie de faire passer le message suivant : qu'il y ait un après la mort ou pas il faut vivre au sens actif du terme.Il ne faut pas oublier qu'un mort laisse souvent une famille, des amis bien vivants derrière lui. Je crois que St Augustin disait que l'enterrement était plus pour le réconfort des endeuillés que pour le salut des morts... Il faudrait déjà "une philosophie du bien mourir" comme l'ont dit les sénateurs dans un rapport sur le décès en France...Cordialement
kinette
09/01/2004, 12h43
Bonjour,Il ne faut pas oublier qu'un mort laisse souvent une famille, des amis bien vivants derrière lui. C'est peut-être ça la vie après la mort...On laisse derrière nous des souvenirs, des idées, des créations, des objets... et tout ceci garde un peu de notre empreinte et continue après la mort.K.
coco
09/01/2004, 13h37
Si l'on considere comme beaucoup de scientifique qu'il n'y a rien... Quel est alors le sens de la vie... ? Etre poussière.. vivre .. et redevenir poussiere... ? Quel intérêt alors pour ceux qui ont une vie désastreuse... autant se suicider .. non ?Le sens de la vie???... vivre... Et profiter de l'instant... n'est ce pas suffisant???Et sinon, il y a toujours de l'espoir... tant qu'il y a de la vie...Après la vie... chacun y met ce qu'il veut...
Yogo
09/01/2004, 13h42
Et oui nous ne sommes rien, il n'y a rien avant, rien après, c'est une veritable catastrophe... Nous sommes justes une abération de la nature... le suicide est une solution mais bon fini le plaisir de discuter sur ce forum, alors je vais encore rester un peu ;-)Dieu a crée l'Homme et pour le remercier l'Homme a creé Dieu... :roll:
Mani
09/01/2004, 15h37
Je suis tout a fait d'accord avec vous. Pour moi il n'y a absolument rien après la mort. Les gens refusent de voir la simplicité. Quel sens a la vie? Elle a le sens que chacun veut bien lui donner. Pourquoi penser qu'il y a un sens universel a la vie. Nous ne sommes que des entités biologiques victimes d'une évolution aléatoire issue d'un environnement adéquat. Si l'évolution n'avait pas engendré la pensée humaine, on ne se poserai meme pas la question.Cependant je peux comprendre que l'etre humain craigne la mort, ou plutot l'arret de la vie (bien que ce ne soit pas mon cas). Toutes nos croyances profondes viennent directement de nos différentes peurs, nous sommes tous des schizophrènes qui nous inventons des paliatifs pour ne pas sombrer dans la folie. Mais je m'eloigne un peu du sujet la.Ce n'est pas parceque la vie n'a pas de but universel qu'elle ne peut en avoir un individuel. Et ce n'est certainement pas parceque la vie n'a pas de but universel qu'il faut y mettre fin. Il y'a tellement de belles choses a vivre dans une vie, si courte soit elle. Alors je vais faire comme Yogo et je vais rester encore un peu. :D
spirit
09/01/2004, 19h06
Il y'a tellement de belles choses a vivre dans une vie, si courte soit elle. :DOui.. peut etre pour toi... mais pour ceux qui ont une vie misérable... qu'est ce que tu leur dis à ceux la pour ne pas se suicider... et il y a en a beaucoup sur cette terre ? Qu'il faut esperer que son future sera mieux... ?Peux t'on par exemple dire à un ethiopien qui vit dans la pauvreté sans amis ou famille, qui ne peut pas se nourrir convenablement, qui a perdu ses parent pendant la guerre et qui se fait peut être exploiter ou maltraiter par je ne sais que son futur sera mieux... sachant les possibilités qu'offres ce pays ?
coco
09/01/2004, 20h29
Peux t'on par exemple dire à un ethiopien qui vit dans la pauvreté sans amis ou famille, qui ne peut pas se nourrir convenablement, ...On ne peut pas penser comme un Ethiopien... mais je suis sûre que même lorsque les conditions de vie sont dures on trouve des raisons d'être heureux... de la même façon que lorsqu'on a tout sur le plan matériel, on peut être très malheureux... c'est en soi que l'on trouve le bonheur ou le malheur... aussi...
Yogo
09/01/2004, 22h09
Je ne suis pas sur que les Ethiopiens soient plus malheureux que nous, ils ont une conception de la vie tellement differente de notre civilistion hyper technologique... et là tu raisonne avec ta pensé d'europeen dans une vie africaine, incomparable...Et si tu fais le compte sur Terre, on fait parti des privilégiés et nos petits tracas nous semble grands malheurs mais on est vraiment pas à plaindre... alors que faire, si ce n'est faire comme Soeur (Mère ?!) Théresa vivre en Inde dans la pauvreté et la douleur ?!!
spirit
09/01/2004, 23h53
Donc si j'ai bien compris, chacun peut trouver son bonheur la ou il est... quelquesoit sa condition de vie... Admettons...Mais alors quel est le sens de la vie... être heureux.. ?Nous serions donc sur terre pour être heureux... donc on n'aurait aucune mission particulière... A ce moment la, pourquoi essayons nous d'évoluer... techniquement, philosophiquement... puisque à l'époque du Moyen-Age nous pouvions deja être heureux tout comme l'ethiopien...Qu'est ce qui nous pousse à évoluer... ? pour être plus heureux encore...Comment peut on savoir qu'il est possible d'être plus heureux... L'ethiopien n'a probablement même pas conscience de ce qu'est le bonheur pour un européen... tout comme nous au Moyen-Age... Si ce n'est le bonheur, que nous pouvons tous avoir quelquesoit nos conditions de vie, qui nous pousse à évoluer... à apprendre... à changer... qu'est ce que c'est ?
Yogo
10/01/2004, 00h15
La vie n'a pas de sens, au depart il n'y avait rien et puis boum l'univers s'est formé avec son cortège de galaxies et de planètes... et sur l'une d'elle les molécules se sont arrangés entre elles et quelques millions d'années aprés Nous voilà !!! (ou comment résumé l'histoire de l'univers :wink: )Ca n'a pas de sens et faut pas en chercher, on est là, pas de missions, on ne sert à rien, juste un grain de sable parmi tant d'autres, faut faire avec et dans quelques milliers d'années (peut etre moins !!) l'homme ne sera plus là pour se poser ce genre de questions mais l'univers continuera de tourner...ce qui nous pousse à evoluer, plus de confort, se sentir mieux, chercher des solutions à ce qui en a pas, la peur, le desespoir.... ou je ne sais quoi d'autres....Fait comme moi, croit en rien, pose toi des questions et profite de la vie en t'amusant, t'informant...
spirit
10/01/2004, 00h45
Donc tu ferais confiance aux scientifiques qui te disent que l'on est passé du néant à quelquechose ?Pour moi cette théorie est la plus contradictoire que les scientifiques est pu sortir... tous simplement parce que cela va à l'encontre de toutes leurs théories actuelles qu'ils ont admises...Si ce genre de contradiction venait d'un religieux, cela me choquerait beaucoup moins.. étant donné que la raison n'a jamais été leur base de pensée... c'est la foi...Cela veut donc dire tous simplement que nos chers scientifiques qui n'admettent pas l'existence des esprits ou de soucoupes volantes qui pour moi serait plus explicable avec notre raisonnement et nos théories scientifiques actuelles, admettent une théorie en totalement opposition avec les raisonnement mathématique qui est le fondement de la science...Tous ca pour en revenir que l'univers m'a pas pu être créé à partir de rien... et que quelquechose d'infini a du lancer la création de cet univers...Et qui d'autre qu'un esprit intelligent à pu lancer une telle opération... ?Or un esprit intelligent ne créé pas quelquechose sans raison... (Quand un homme créé quelquechose, il le fait toujours dans but...), donc cela signifie que l'existence de l'univers à donc un sens... et donc par déduction notre existence doit elle aussi avoir un sens...Voila donc mon raisonnement.... PS : Je precise quand meme, concernant le BigBang, que les éléments découverts par les scientifiques les poussant à donner cette théorie ne sont pas faux ou inexistant... Je dis seulement que je pense que leur interprétation de ces éléments est mauvaise...
Yogo
10/01/2004, 11h13
D'accord avec toi quelque chose ou quelqu'un d'intelligent est à l'origine de l'univers et de tout ce qui s'en suit mais cette chose qu'elle est son origine à elle, elle a toujours été là ou quelqu'un la crée mais ce quelqu'un il vient de où etc etc....Et puis pourquoi y aurait-il un début (et une fin) pour faut il qu'il y ait un commencement à tout... La matière a toujours été là et puis un petit désequilibre a entrainé un grand Boum et hop nous voilà... pourquoi faut il que quelqu'un d'intelligent soit à l'origine de tout et puis franchement quelqu'un d'intelligent aurait fabriqué un monde parfait son guerre et famine (ou alors on est pas tombé sur le plus malin des Créateurs !!)Pour ce qui est des esprits, cela à une notion religieuse (fléau de l'humanité ?!!). Nous sommes justes de la matière pourvu de nombreuses réactions chimiques, ce qui entraine (entre autre) une pensée, et quand il y a plus de carburant (Oxygène...) les reactions s'arretent et on meurs... Ok dis comme ca c'est pas rejouissant mais bon la réalité ne l'est pas forcément
Coincoin
10/01/2004, 13h41
Moi, je ne suis pas d'accord...on est passé du néant à quelquechose Là tu supposes qu'il y avait un "avant" Big-bang, ce qui n'a pas de sens étant donné que le temps a été créé avec le Big-bang (un "avant" Big-bang serait comme le nord du pôle Nord)une théorie en totalement opposition avec les raisonnement mathématique qui est le fondement de la science... Bien au contraire!!! La théorie du Big-bang est, comme toutes les théories scientifiques, bien basée sur les fondements de la science auquels on applique un raisonnement mathématique pousséqui d'autre qu'un esprit intelligent à pu lancer une telle opération... ?Les lois de la physique, par exemple. Après tu peux toujours considérer la Nature comme un être intelligent....
spirit
10/01/2004, 14h23
Je voudrais tout d'abord rectifier une chose que j'ai dites précédemment concernant la théorie du BigBang... En effet, j'ai dit que cette théorie considérait que nous sommes parties du néant pour arriver à notre univers... Or, en réalité, ceci n'est qu'une extension ou interprétation de cette théorie (que l'on assimile un peut trop rapidement à la théorie initial)... En fait, voici ci-dessous une défintion courte que j'ai pu trouvé de la théorie du BigBang :"La théorie du big bang repose sur l'hypothèse que l'Univers se trouvait, il y a environ 15 milliards d'années, dans un état hyper-dense (plusieurs milliards de milliards de milliards de tonnes par cm3) et qu'il aurait alors "explosé" à la suite de quoi il se serait "dispersé" et étendu"Or lorsque tu dis :Moi, je ne suis pas d'accord...Là tu supposes qu'il y avait un "avant" Big-bang, ce qui n'a pas de sens étant donné que le temps a été créé avec le Big-bang (un "avant" Big-bang serait comme le nord du pôle Nord)Je te conseillerais de lire la "théorie des concordes".. (cf lien que j'ai cité précédemment avvc 5ème dimension)...Cette théorie permettrait d'unifier les différentes théories actuelles (relativité, froces fortes, forces failbes, gravitation...)...Or, d'après cette théorie il existe de nombreuses dimensions autres que celle de l'espace-temps... Cette théorie indique que tous ces dimensions seraient tellement resserées entre elle que nous ne sommes pas en mesurez avec nos techniques actuelles de les "voir". Le BigBang d'après cette théorie ne serait que le détachement de nos quatre dimensions actuelles des autres.. Pour mieux comprendre, imagine des feuilles de papier entasser les unes sur les autres... Et bien prends quatre feuille du tas(nos 4 dimensions) et espace les énormément entre elles.Biensur, ce n'est qu'une explication "vulgaire" de la théorie des cordes... mais qui permet de comprendre grosso-modo le fonctionnement... L'état de l'Univers avant le big bang ne peut dondc pas être appréhendé par la physique actuelle car il échappe totalement à toute forme d'expérience (si tant est que cela ait un sens !). Il n'est donc nulle question de néant... Le BigBang ne serait probablement qu'une étape dans l'évolution de l'universLes lois de la physique, par exemple. Après tu peux toujours considérer la Nature comme un être intelligent....Oui, en effet... ce qui expliquerais la croyance religieuse qui dit que "Dieu est partout et connais tout"...
Mani
10/01/2004, 19h44
Je voudrais simplement dire que ce n'est pas parcequ'on a pas encore trouvé d'explication scientifique (faute de moyen a mon avis) qu'il faut immediatement en conclure qu'un Dieu est a l'origine de tout ca. Il faut du temps a l'humanité pour developper et diversifier sa facon de penser.Quant a la question sur le pourquoi de l'evolution technologique, je pense que la reponse est donnée plus haut. C'est la simple conséquence de notre besoin de bien etre, car il ne faut pas généraliser le bonheur. Bien sur que certaine personnes devaient etre heureuses au moyen age comme a toutes les epoques de notre histoire, mais l'homme n'est pas qu'une seule et meme personne, avec la meme maniere d'apprehender les choses tout au long de sa vie. Les gens changent, ils peuvent se sentir très heureux a un instant de leu vie et le lendemain avoir envie de plus de confort. Alors il suffi de mettre toutes ces tranches de vie les unes derriere les autres pour en arriver a notre epoque et l'on comprend de toute evidence l'état actuel de nos inventions.
Philippe*
16/01/2004, 16h27
Les scientifiques font leur boulot, s'ils étudient la biologie, il est clair que l'organisme est bel et bien mort après la mort, lapalissade. Mais ce n'est pas parce qu'on travaille 15 ans sur une molécule que l'on est mieu placé que les autres sur des questions existentielles. De plus qui croit encore à notre époque que la science pourra tout expliquer ? l'infiniment petit et l'infiniment grand nous échappe.S'il n'y a rien après la mort, alors nous n'existons meme pas, le moi n'est qu'une pure illusion, les notions d'évolution, entités biologiques, le soit-disant sens de la vie, ce qu'on laisse soit-disant derrière nous complètement fictifs. La science est une invention de l'homme. Personne ne peut vivre avec ça, sinon c'est la folie, meme ceux qui disent ne pas avoir peur de la mort, c'est faux tout le monde au fonds de lui a peur de la mort et toute la société est basée autour de ça, la mort et la recherche de sécurité.Maintenant personnellement je crois qu'il y a quelque chose après la mort, je ne nie pas du tout cette peur au fonds de chaque etre humain, mais je crois aux expériences en dehors du corps, au NDE, peut-etre que la science après avoir tout formater au 19e mettera des siècles à prouver des choses qu'on connait depuis des millénaires, mais je n'ai pas l'intention d'attendre que des "preuves" sortent de labos. Je sais aussi que des gens préfereraient qu'il n'y ait rien après la mort pour des raisons personnels.Je trouve l'athéisme actif tout aussi puéril que la religiosité. De plus, de par mon expérience je vois que les gens spirituels sont plus heureux que des gens qui ne se posent pas de questions ou qui ne croient en rien. Déshumaniser l'homme en ne le concevant que comme un tas d'atomes, quand bien meme ce serait vrai n'apportera jamais le bonheur. Dieu un avantage darwinien ?Philippe
Yogo
17/01/2004, 00h00
L'homme a inventé la Science : ouiQui croit que la science peut tout expliquer : euh moi !! peut etre pas tout de suite mais on a le temps :roll: (surement plus que n'importe quelle religion !!)S'il n'y a rien après la mort, alors nous n'existons meme pas Comme disait Descartes 'je pense donc je suis' le soit-disant sens de la vie Qui a dit que la vie avait un sens, pas moi !!tout le monde au fonds de lui a peur de la mort désolé je n'ai pas peur de mourir, pas tout de suite j'ai pas vraiment envie mais mon tour viendra... peur de pêrdre les personnes proches oui mais c'est pas la mort qui me fait peur... et puis la mort tu ne sais pas que tu es mort puisqu t'es mort...je vois que les gens spirituels sont plus heureux que des gens qui ne se posent pas de questions ou qui ne croient en rien tu melanges un peu tout, on peut etre totalement athé et se poser toutes les questions du monde... et puis y a que les cons qui sont heureux tout le temps... Si etre heureux c'est avaler des couleuvres, croire en un truc sans fondement, je prefère etre makheureux ;-)l'homme en ne le concevant que comme un tas d'atomes : bah pourtant ca ressemble à ca, des atomes qui forment des molécules qui inteagissent entre elles et donne réactions chimiques et hop c'est parti un petit bonhomme tout neuf et en plus il pense...NDE oui bien sur j'ai lu les livre de Moondy (le nom de l'auteur m'a un peu echappé !!) ca fait beaucoup de temoignages se recoupant, ca semble tellement vraie et quand tu fermes le bouquin tu te dis il doit y avoir quelque chose... et quand tu y reflechis tu te dis ce n'est pas parce que tu connais pas la reponse que c'est forcement une forc emystique, religieuse etc... ouf :wink:
Vieillissement et mort
Nous sommes tous égaux devant la mort. Le vieillissement est inéluctable, même s'il ne se produit pas au même rythme pour tous.
Vieillissement et mort nous font généralement peur, et nous nous posons souvent la question de la cause du vieillissement, et de la mort. Ces phénomènes sont souvent vus comme signe de notre imperfection, notre corps est considéré comme un bâtiment que le temps transforme petit à petit en ruine.
Rien n'est plus inexact comme vision. La mort n'est que la conséquence implacablement logique de la vie des organismes multicellulaires.
L'immortalité existe-t-elle dans la nature ? la réponse est OUI !
Tous les organismes unicellulaires ne vieillissent pas. Ils se divisent à l'infini, en restant toujours semblables à eux-mêmes.
Chez les organismes multicellulaires, chez l'homme en particulier, il existe une partie immortelle : les cellules reproductrices, chargées de reproduire de nouveaux organismes multicellulaires de même type que ses parents. Chaque enfant est issu de la fusion d'une cellule de chacun de ses parents, et même des parents âgés donneront toujours des bébés jeunes.
L'immortalité peut être également pathologique : ainsi, les cellules cancéreuses se reproduisent sans contrôle, et ne vieillissent pas.
Par immortalité, nous entendons bien entendu l'immortalité dans des conditions nominales d'environnement. Placés dans des conditions défavorables, tout organisme vivant meurt, même si certains présentent une résistance tout à fait étonnante.
Alors, pourquoi mourrons-nous ?
Plusieurs réponses peuvent être fournies. La première, la plus facile à comprendre, est que la mort est de toutes façons obligatoire pour que la vie puisse continuer. Il est évident qu'un organisme ne peut pas se répliquer à l'infini sans mourir. Si les hommes étaient immortels, ils seraient obligés de stopper les naissances pour maintenir le niveau de la population à un niveau acceptable, sous peine de mourir de faim (l'autre alternative serait de tuer des gens pour pouvoir renouveler la population, par exemple par des guerres incessantes).
L'autre réponse, un peu plus technique, remet largement en cause notre statut d'animal supérieur. Lorsqu'on se demande comment et pourquoi les organismes unicellulaires sont devenus multicellulaires lors de l'évolution, la réponse la plus vraisemblable est qu'ils ont commencé à élaborer des petites structures temporaires pour faciliter la reproduction. Ces petites structures n'avaient d'autre utilité que cette reproduction, et mourraient par la suite, une fois leur rôle joué.
Nous retrouvons ce schéma chez les organismes évolués, comme par exemple l'homme ; le premier stade de la différentiation, chez l'embryon, est celle qui sépare le futur animal du placenta, ce dernier disparaissant lors de la naissance. Et on a découvert que le développement embryonnaire procédait beaucoup par mort programmée de cellules pour sculpter le futur organisme. Et par la suite, d'innombrables cellules n'arrêtent pas de mourir, remplacée par des neuves, par exemple pour la peau.
Des exemples extrêmes viennent illustrer cette réponse. D'un côté, des organismes capables de vivre très vieux, les arbres, mais aussi des tortues, et d'un autre côté, des animaux mourrant juste après avoir procréé, par exemple certains papillons, ou, plus spectaculaire, les saumons, qui après avoir remonté les cours d'eau et pondu leurs oeufs, se mettent à vieillir de manière accélérée et meurent rapidement.
Pour résumer cette réponse, les organismes multicellulaires, hommes compris, ne sont jamais que des mécanismes sophistiqués permettant à des gamètes de se reproduire.
Il faut bien entendu tempérer cette interprétation empreinte d'anthropomorphisme. En effet, cet état de fait est apparu par le simple fait des mécanismes de la sélection naturelle, et non, bien entendu d'une volonté consciente de gamètes désireux de se reproduire au mieux.
Chez les organismes multicellulaires, le vieillissement est le résultat d'une dégradation des gènes des cellules au fur et à mesure de leur division (perte progressive des télomères), conduisant inéluctablement à des dysfonctionnements, puis à la mort. Seules les cellules reproductrices sont épargnées par ce phénomène.
Il est donc illusoire de rêver d'immortalité. L'écrivain de Science-Fiction René Barjavel avait écrit un roman sur un virus contagieux dont le seul effet était de rendre le "malade" immortel. La solution trouvée dans le roman avait été d'isoler strictement les malades, pour finalement détruire l'île où ils avaient été confinés lorsque certains avaient voulu s'échapper, afin d'éviter une catastrophe majeure pour l'humanité.
Par ailleurs, on peut se demander si notre cerveau ne finirait pas par saturer si nous vivions vraiment très longtemps, nous rendant incapables d'apprendre, incapables de prendre la nouveauté en compte, pour finir complètement gâteux.
Bref, nous n'avons qu'une vie, relativement brève. La seule immortalité dont nous pouvons disposer, c'est ce que nous laisserons derrière nous, nos descendants bien entendu, mais également nos réalisations et nos oeuvres.
Hervé Jamet
La mort suspendue
La mort suspendue
Antoine Robitaille Édition du mardi 04 janvier 2005
Mots clés :
Cinq entreprises américaines offrent actuellement des services de cryogénieFaire congeler son corps, peu après sa mort, dans l'espoir d'être un jour réanimé: le projet glaçant qu'on appelle «cryogénie» a ses adeptes, ses associations, ses entreprises, et ses clients prêts à payer d'importantes sommes. Marginal, le phénomène pose toutefois des questions troublantes sur la vie et la mort et le suicide assisté, dans nos sociétés technologisées.
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showBigBox();
-->«No autopsy»: ces deux mots, à côté d'un numéro de téléphone 1 800, sont gravés en rouge sur le petit bracelet argenté de type «alerte médical», au poignet de Michael La Torra. Pourquoi? «Parce ça brise le corps et que, moi, comme membre d'Alcor, je veux qu'il soit congelé avec le minimum de dommages. J'espère être de retour ici-bas un jour», dit ce professeur d'anglais du Nouveau-Mexique, rencontré à Toronto. Alcor est une des cinq entreprises -- toutes américaines -- offrant des services de cryogénie, la congélation en vue de la réanimation. Au dire de ceux qui croient à la cryogénie, c'est «la plus importante au monde», la mieux organisée. Elle ne parle plus de congélation, mais de «vitrification», procédé qui réduit au maximum les dommages causés par les cristaux de congélation. La Torra fait partie des 697 «membres» d'Alcor, lesquels attendent de subir le même sort que les 67 «patients» actuels: c'est ainsi que l'entreprise désigne les corps qu'elle conserve dans de grands cylindres pleins d'azote liquide à -196 degrés Celsius. Juridiquement, les patients «donnent leur corps à la science». C'est la formule qu'Alcor a adoptée afin de contourner la législation de certains territoires -- la Colombie-Britannique, par exemple -- qui interdisent de disposer d'un corps autrement que par inhumation ou crémation. Alcor, qui mise sur le froid, a pourtant son siège dans un État désertique, l'Arizona, (dont la capitale est Phoenix, oiseau mythique qui renaît de ses cendres). Sur son site Internet, elle fait savoir qu'à partir du 1er janvier 2005, ses prix vont augmenter de manière importante. Pour la conservation de l'ensemble du corps, ce sera désormais 150 000 $ plutôt que 120 000 $ comme jadis. Pour une «neuro-procedure» ce qui, dans le jargon de l'entreprise, signifie la préservation de la tête, Alcor demandera désormais 80 000 $ et non plus 50 000 $. La tête seulement? Oui, car elle contient tout ce qu'il y a d'important selon les adeptes de la cryogénie: les souvenirs, l'identité de la personne. «Dans les cent prochaines années, il est très probable -- bien qu'incertain -- que la science sera en mesure de réanimer les gens. On pourra leur donner un nouveau corps par clonage», soutient Christine Gaspar, une infirmière de Vancouver, présidente de la Cryonics Society of Canada, qui a participé à la première opération de cryogénie au Canada, en 2002. Tout cela n'est-il pas profondément macabre? Max More, célèbre militant transhumaniste du Texas et pourtant membre d'Alcor, l'admet: «Je déteste absolument cette idée d'être congelé.» Mais il insiste pour dire que «c'est préférable aux autres options: être incinéré ou mangé par les vers. La cryogénie, c'est mon deuxième choix! Mon premier, c'est de ne pas mourir». Congélation «pré-mortem» Ne pas mourir? L'acceptation de plus en plus grande du suicide assisté réjouit pourtant les militants pro-cryogénie. En 1988, Thomas Donaldson, un docteur en mathématiques californien atteint d'une tumeur au cerveau, a demandé à la cour la permission d'être anesthésié et congelé avant sa mort. Il réclamait un «droit constitutionnel à la congélation pré-mortem». À l'époque, les médecins donnaient à Donaldson cinq ans à vivre. Ce dernier estimait que, s'il attendait jusqu'à cette limite, la tumeur allait détruire ses neurones renfermant son identité et ses souvenirs. Bref, le congeler une fois mort deviendrait inutile... Mais la cour a refusé. Donaldson est allé en appel et a perdu, le tribunal indiquant que toute personne qui aiderait le mathématicien à se faire congeler serait accusée de meurtre. Mais Donaldson a survécu! «Ma tumeur s'est en partie résorbée. Je suis en chimiothérapie depuis ce temps», dit ce personnage étrange joint en Australie où il vit maintenant. «Je veux toujours être suspendu pour éviter la mort. Tant que je demeure un humain pensant, je suis encore vivant, même si je suis en suspension cryogénique.» Chère, la cryogénie? «Une aubaine pour une chance d'éviter la mort», peut-on lire dans les documents d'Alcor, qui répète constamment qu'elle ne garantit aucune réanimation. La presque totalité des membres s'engagent à assumer les coûts avec leurs assurances vie. Christine Gaspar explique de plus que, pour assurer une conservation à long terme, il faut y mettre le prix: «Mais l'azote liquide ne coûte pas si cher, dit-elle. Les arrangements actuels permettent de croire que l'on pourrait maintenir les corps en suspension pendant des centaines d'années.» Elle souligne du reste que, dans d'autres entreprises de cryogénie, la facture est moins salée. Le Cryonic Institute (CI), situé au Michigan, offre une «solution» à 30 000 $ et conserve actuellement 68 corps. Il a été fondé par le penseur de la cryogénie moderne Robert Ettinger, auteur de The Prospect of Immortality, qui avait fait sensation dans les années 1960. «Contrairement à Alcor, le CI n'utilise pas d'anticoagulant ni de produits chimiques complexes comme des produits antigel. Il se contente de refroidir les corps», dit Christine Gaspar. Légendes Chez Alcor, la récente hausse des tarifs est aussi due au «patient» célèbre qu'elle a accueilli il y a deux ans et au battage médiatique qui a suivi. Walt Disney? Non, la congélation du célèbre créateur de Mickey Mouse est une légende urbaine tenace maintes fois infirmée. C'est une autre légende qu'Alcor conserve: Ted Williams, grand joueur de baseball des Red Sox de Boston, illustre membre du temple de la renommée. À sa mort en 2002, un de ses fils, John Henry Williams, a fait savoir que son père serait cryogénisé, ce qui a déclenché une querelle familiale très médiatisée. Max More se rappelle être allé à CNN défendre la cryogénie. La fille de Williams, Bobbie-Jo, considérait comme «dément» le projet de son frère et a tenté de démontrer que son paternel, dans son testament, avait clairement dit qu'il souhaitait être incinéré. Elle s'est battu en vain devant les tribunaux pour empêcher la chose. Le p.-d.g. d'Alcor, Joseph Waynick, reproche aux médias d'avoir traité l'affaire de manière sensationnaliste. Notamment Sports Illustrated, dans un article «plein de détails morbides», qui décrit la congélation de la tête du joueur de baseball fissurée par le froid, trouée, intubée, et flottant dans l'azote avec des corps d'autres «patients». «Ce n'est pas 10 trous que nous faisons dans la tête avant de la congeler, mais un seul», a répliqué Waynick de façon peu convaincante. Le fils de Ted Williams est mort l'hiver dernier à 35 ans et est maintenant congelé auprès de son père. L'affaire a «donné mauvaise presse à la cryogénie», dit Christine Gaspar. Malgré tout, Alcor a semblé en profiter. Elle a récemment dévoilé d'importants projets d'expansion. Les embaumeurs de l'Arizona, par une loi déposée au parlement de l'État, ont tenté en vain en 2004 prendre le contrôle du commerce de la cryogénie. Probabilités faibles Les probabilités techniques réelles que la cryogénie remplissent ses promesses? «Presque nulles à court et à moyen termes», affirme un spécialiste de la congélation des organes en vue de leur transplantation, Hui Fang Chen, chercheur à l'hôpital Notre-Dame. Chen a développé une technique de congélation minimisant les dommages aux tissus qui lui a permis il y a deux ans de greffer les ovaires gelés de sept rates «conservés une nuit dans l'azote liquide». Le docteur Chen affirme que c'était déjà tout un défi de congeler ainsi une nuit un seul organe. «Imaginez une personne entière, et morte!» Mais Chen ne condamne pas les compagnies comme Alcor. «Les scientifiques ont besoin de rêves», plaide-t-il en affirmant qu'il y a 100 ans, plusieurs se seraient moqué de ceux qui auraient annoncé qu'on irait sur la lune. Avant les années 1990 d'ailleurs, la cryogénie était totalement en discrédit. Woody Allen, dans The Sleeper, l'avait magistralement raillée. C'était devenu pour plusieurs un rêve fou de personnages tels le prophète hippy Timothy Leary, grand consommateur de LSD. Ce sont les promesses des nanotechnologies qui ont relancé, au tournant des années 1980, «le rêve» de la cryogénie. Science de l'infiniment petit, manipulation au niveau moléculaire des particules élémentaires, elles ont suscité une véritable utopie technologique. Selon ses prophètes comme Eric Drexler, anciennement du MIT, on mettra bientôt au point des «nanorobots» qui pourront circuler dans le corps et réparer tous les dommages causés par les années de congélation. Les nanotechnologies guériraient au passage la maladie qui a causé la mort et rendraient sa jeunesse au corps réanimé. «C'est le pari le plus certain qui se présente à nous», dit Christine Gaspar. Mais l'ancien directeur des programmes scientifiques chez Nano-Québec, Robert Sing, affirme que Drexler lui-même a récemment modéré ses transports utopiques. Non seulement nous sommes «très très loin» de ces perspectives chimériques, «mais sans doute que nous n'y accéderons jamais», tranche-t-il. N'empêche, le milliardaire américain Saul Kent, président de la Life Extension Foundation (qui publie la revue LE) a révélé en 2004 les plans d'un grand Timeship Building de 180 millions où l'on conserverait en suspension cryogénique près de 10 000 «patients», mais aussi l'ADN de toutes les espèces menacées. Croisement entre Fort Knox et l'arche de Noé, on commencera à construire l'édifice en 2005. À moins que l'idée soit «mise sur la glace»...
Des dizaines de personnes attendent au congélateur
Mais Walt Disney n'est pas parmi elles
par Michel Marsolais
Une des légendes contemporaines les plus tenaces veut que Walt Disney se soit fait fait congeler à sa mort en attendant que la science puisse le guérir. En réalité, il a été incinéré !
Walt Disney a été incinéré le 17 décembre 1966, soit deux jours après sa mort d'un cancer du poumon gauche. Ses cendres reposent au cimetière Forest Lawn en Californie.
Si le cas de Walt Disney est un mythe, l'idée de prolonger la vie en la suspendant temporairement dans la glace ne l'est pas. Pour échapper à l'incertitude d'une vie après la mort, certains se rattachent à l'idée qu'une science toute puissante pourra un jour les ramener à la vie. Une idée qui demande, disons-le, autant de foi que la première alternative.
Un congélateur comme cercueil
Aujourd'hui, une trentaine d'Américains (décédés) ont confié leur corps à quatre instituts de cryogénisation (le nom de la technique de congélation) qui se chargent de les garder à - 196 degrés C dans de l'azote liquide, jusqu'à ce que la science puisse trouver des remèdes aux "bobos" qui les affligeaient.
Ces clients ont dépensé des centaines de milliers de dollars, généralement payés par l'assurance-vie du défunt (au grand dam des héritiers!), pour qu'on conserve leur corps dans une sorte d' état d'hibernation, jusqu'à un hypothétique futur où des techniques comme le clonage ou la nanotechnologie pourraient les ramener à la vie.
L'optimisme de ces "clients" est tel que certains ne se font congeler que la tête (c'est moins cher...), estimant que si la science est capable de les ramener de la mort, elle pourra tout aussi bien leur greffer un corps dans le style Sylvester Stalonne ou Cindy Crawford.
Coup dur pour les cellules
La congélation d'un corps a toujours posé de sérieux problèmes aux scientifiques puisque la formation de cristaux de glace dans les cellules amoche considérablement ces dernières. Lorsqu'on les dégèle, les cellules sont en bouillie et ne sont plus en état de fonctionner.
De nouvelles techniques ont toutefois permis des progrès considérables et on arrive maintenant sans trop de peine à congeler du sperme, des ovules ou même des embryons et à les ramener à la vie. La technique est même utilisée sur une base commerciale pour les embryons de taureaux et de vaches de race destinés à l'exportation.
D'autres techniques employant des antigels comme le sulfoxide de dimethyle (qui préviennent la formation de cristaux) permettent maintenant de congeler temporairement des organes comme le coeur, en prévision d'une greffe. Plus récemment, des chercheurs sud-africain de l'Université Prétoria ont réussi à congeler un coeur de rat à - 196 degrés et à le faire revivre. Un exploit !
Résurrection ?
Mais on n'a jamais pu congeler et faire revivre un organisme aussi complexe qu'un être vivant complet composé de cellules adultes.
L'autre hic, c'est que les "clients" des entreprises de cryogénisation n'ont pas été congelés de leur vivant. Le défi ne serait donc pas seulement de trouver un remède à des maux incurables et une façon sécuritaire de dégeler un corps mais de ressusciter quelqu'un de cliniquement mort.
Pour autant qu'on sache, le seul à avoir réussi cet exploit a été crucifié.
Éthique— Thanatologie et éthique de la mort
objectif de survoler la vaste et complexe thématique de la mort. Elle rassemble les différents éléments, éthiques, et matériels du phénomène, en passant par les techniques et l'industrie de la mort, sans oublier les soins paliatifs, l'éthique et la pastorale des mourants.
Comme toute autre démarche, cette page est en perpétuelle transformation.
Associations
Corporation des thanatologues du QuébecEn plus des éléments classiques décrivant l'association, on retrouve le code d'éthique de la profession, de même qu'une courte liste des publications de l'ordre.
La thanatologie au QuébecSite corporatif publié par un consultant en matière funéraire .
Société d'études thanatologiques de Suisse RomandeEn plus de renfermer des liens sur le Québec, ce site couvre de façon intéressante l'ensemble du domaine de la mort, incluant des liens vers certains titres de périodiques.
Association française d'information funéraire (AFIF)Site général sur tout ce qui concerne le traitement des cadavres, ainsi que les services connexes, dont les assurances, le mobiblier funéraire et les organismes de protection de consommateurs.
Funeral Service of British ColumbiaAprès une courte introduction sur la mort, le droit et la reconnaissance du phénomène, le site nous introduit vers les produits de consommation relatifs à ce phénomène.
The National Funeral Directors Association (NFDA)Fondé en 1982, ce site fait le lien entre la gestion de la mort, et le consommateur. Reconnu par le American Board of Funeral Service Education (ABFSE), ce regroupement supervise les programmes d'enseignement en sciences funéraires à travers les États Unis.
Maisons d'enseignement
National Academy of Mortuary ScienceCe site propose un programme de formation par correspondance à qui veut faire carrière dans le domaine de la mort. le Dr.Kloss supervise l'enseignement et fait partie d'une famille qui s'émancipe dans ce domaine depuis 1932.
Academy of Professional Funeral Service PracticeSite dédié à l'apprentissage et au perfectionnement des embaumeurs.
American Board of Funeral Service EducationCe site est celui de l'agence qui voit à l'accréditation des programmes d'enseignement. L'agence bénéficie également de l'accréditation du Department of Education et le Council on Higher Education Accreditation des États Unis.
Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de MontréalLa faculté offre un cours spécialement dédié à la thanatologie.
La mort : lieu de passage
Music-ThanatologyProduit par le St.Patrick Hospital and Health Sciences Center, Missoula, MT., ce centre hospitalier propose une gamme de services par les patients en phase termminale. Cette page propose une thérapie par la musique, pour assurer une mort en douce. Le site comprend une bibliographie.
Death Related WeblinksCouvrant les multiples facettes de la mort, ce site fort développé contient un grand nombre de liens sur ces différents aspects.
France obsèques libertéCe site comprend un plan de classement ainsi qu'un outil de recherche. A noter : un lien vers les rites religieux, de passage.
Textes et documents sur les obsèquesSite français ne comportant que des liens vers divers aspects relatifs au phénomène de la mort, incluant le Droit canonique, les obsèques et les rituels.
Choice in DyingCréé en 1967, ce site dédié au passage vers la mort, se veut un soutien à la prise de décision dans le choix du moment et des conditions de ce passage.
Growth House Inc.Site général sur tout ce qui concerne les soins paliatifs et les maladies les plus mortelles. Comprend une bibliographie et des liens hypertextes. Ce site s'est vu octroyé une mention d'excellence.
Mortuary Science. Health & PsychologyPublié par Library Affairs, Southern Illinois University Carbondale, ce site examine toute la dimension mercantile de la mort, à partir de la mort comme simple phénomène, jusqu'à la sépulture. A noter : un lien vers le phénomène de la mort subite chez l'enfant.
Mythologie et religion
Déclarations des évêques de Belgique Février 1994Déclaration des évêques de Belgique sur l'accompagnement des malades à l'approche de la mort.
Hérésies.comCe site met en évidence les principaux rites pouvant conduire à la mort, dont les supplices de l'Inquisition, en passant par la magie et la divination jusqu'aux débuts de la psychiatrie.
ACPE The Association for Clinical Pastoral Education, Inc.Ce site se présente comme un outil de formation pour les intervenants auprès de mourants. Il se veut multiculturel sans dénomination religieuse particulière.
ShamanismSpécialisé dans l'expression schamaniste dans l'art, ce site renferme, en plus des éléments textuels descrivant le chamanisme, des représentations artistiques de cette pratique. Ce site bilingue anglais/allemand comprend une subdivision sur la thanatologie chamaniste.
Organ Transplant: Soon It May Be a Routine Part of the Jewish Death RitualTexte intégral en anglais d'un article paru en décembre 1996 dans The Jewish Voice traitant de l'intégrité du corps défunt selon la tradition juive.
The Egyptian Book of the Dead (1240 BC) - The Papyrus of AniTexte intégral en anglais du fameux ouvrage Le livre des Morts égyptien traduit par E.A. Wallis Budge
Les textes funérairesCette page fait partie d'un site consacré à l'égyptologie. Elle comprend une liste des livres égyptiens dédiés aux morts, et renferme quelques éléments textuels, dont le Livre des morts.
Éthique de la mort
« Symposium international sur les soins aux mourants » - Service de santé des Soeurs de la Charité d'OttawaRédigé dans le cadre de l'année internationale des personnes agées, ce site canadien expose certains éléments éthique sur les soins paliatifs.
Euthanasia.com"Information for Research on Euthanasia, Physician-Assisted Suicide, Living Wills, Mercy Killing. We are committed to the fundamental belief that the direct killing of another person is wrong. We have deep sympathy for those people who are suffering."
Conseil de recherches en sciences humaines du CanadaÉnoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains.
Association médicale mondialeDéclaration de l'Association Médicale Mondiale sur l'Éthique Médicale dans les Situations de Catastrophes Adoptée par la 46ème Assemblée générale Stockholm, Suède, Septembre 1994.
CHUQ Centre hospitalier universitaire de QuébecAvis du Comité de bioéthique sur la valeur légale et éthique du testament biologique.
EthicsEuthanasia and end-of-life decisions.
Euthanasie, soins palliatifs, mort / Aspects éthiques et juridiques. Liste sélective de sources d'informationCe site redevable à la bibliothèque de l'Université Laval se veut une bibliographie exhaustive principalement de documents imprimés dansles domaine éthique et juridique de la mort.
Denis Jeffrey et Rodrigue Bélanger (dir.), 1996, Le jeu et ses enjeux éthiques, Cahiers de recherches éthiques, no 19, Montréal, Fides, 236 p.Texte intégral de l'article.
Le comité spécial du Sénat sur l'euthanasie et l'aide au suicideLe document porte le titre : De la vie et de la mort - Rapport final Juin 1995.
Funeral ethics associationCe site renferme des liens vers des documents plein texte sur l'éthique funéraire.
About Death and DyingCe site général couvre, parmi d'autres sujets, celui de la mort.
Bioéthique
La bioéthique à l'Université de MontréalCe site académique expose le programme d'études en bioéthique. Il comprend également des liens vers les grandes associations préoccupées par le sujet.
Bibliothèques UQAM. Études sur la mortÉmanant de l'UQAM, ce site présente de nombreux liens sur le thème de la mort, et particulièrement sur la bioéthique, disponibles dans Internet.
National Center for Bioethics in Research & Health Care (TUNCBRHC)Ce site tend à regrouper les divers aspects de l'éthique et de la bioéthique, autant à l'endroit des personnes que de l'agriculture et de l'environnement. Sont également touchés, les aspects philosophiques et religieux du phénomène.
Euthanasie
Euthanasia.comEuthanasia and End-of-Life Decisions
L'industrie de la mort et thanatopraxie
Mopec. Pathology, Laboratory and Morgue EquipmentMopec, entreprise située à Detroit, Michigan, se spécialise dans la vente et l'entretien d'équipement spécialisé dans le traitement des cadavres.
Cimetières
GravestoneCe site d'intérêt général dans le domaine de l'art funéraire, renferme des éléments relatifs à la symbolique, dont les statues et les rituels de la mort. La rubrique "liens" comprend une bibliographie. Il regroupe également un outils de recherche.
Bibliographie sur les cimetières de ParisSite peu développé qui a cependant l'avantage de regrouper les divers cimetières de Paris sous une même rubrique.
Suicidologie
Ressources spécialisées sur la problématique du suicideCe site renferme un ensemble de ressources sur le suicide et la gestion de l'état de crise suicidaire. Le site comprend par exemple, un questionnaire sur les symptômes de l'état suicidaire.
Centre de prévention du suicide de QuébecCe centre ouvert depuis 1978 offre un soutien aux personnes en détresse. Le site renferme une liste des signes incriminants, de même que des liens vers d'autres sites connexes.
Personnalités marquantes
Robert G.Mayer"Robert G. Mayer is a licensed embalmer and funeral director in Pittsburgh, Pennsylvania. He is also Adjunct Professor at the Pittsburgh Institute of Mortuary Science." source : http://www.abbottandhast.com/bs-embalming.html. M.Mayer est reconnu surtout par son ouvrage Embalming : Theory & Practice.
Visites virtuelles
Exclusive Family EstateSurvol de ce que peut être un mausolé, comprenant un survol historique de l'incidence de ce phénomène dans les différentes cultures.
Bibliographies
Bibliographie : livres et ressources InternetCe site renfermes des sources imprimées et électroniques, et couvre le Canada et la France.
Bibliothèque Université LavalBibliographie sur les différentes facettes de la mort.
Hospice BibliographyBibliographie textuelle sur les soins paliatifs et la gestion de la phase terminale. Elle comprend deux parties: General Issues et Ethical Issues in Terminal Care. Cette bibliographie est extraite d'un cours (Thanatology bibliography), dont la provenance n'est pas identifiée.
Grim Rides BookstoreCe site relié à Amazon.com renferme des critiques d'une sélection d'ouvrages sur l'industrie funéraire et la thanatologie.
Abbott & Hast PublicationsSite corporatif dédié aux professionels de l'industrie funéraire. Comprend également des critiques de livres.
Ayer Company Publishers Web SiteSite corporatif comprennant une rubrique Thanatology.
Religion et bioéthique. Réflexions sur l'histoire de leur relation / Hubert DoucetTexte de la revue Religiologiques de l'Université du Québec. Voir le site de la revue pour d'autres sujets connexes à celui de la mort.
la mort et la mort
Y-a-t’il quelque chose après la mort ou n’y-a-t’il rien ? Questions toujours posées et jamais résolues, questions fondamentales.Dans le mort, la dissociation de ces deux consciences marquerait la fin réelle de la vie et le début d’autre chose, l’homme étant bien une dualité : " poussière de terre " (et même " poussière d’étoiles ") et " souffle de vie " (ou même " esprit vivant ").
Pythagore enseignait que " la mort est notre destinée commune... Sois juste et irréprochable... Instruis-toi et tu arriveras à connaître l’unité de la nature, à savoir que partout dans l’univers la matière et l’esprit sont des aspects différents d’une même réalité... Fais triompher ce qu’il y a de meilleur en toi, l’Esprit... Alors, quand tu abandonneras ton corps mortel, tu revêtiras toi-même la forme d’un dieu immortel... "
La mort incertaine
La mort n'a rien de ponctuel ; ce n'est pas un moment, mais un processus qui est une transformation progressive composée de différentes étapes, où le seuil constituant le passage dans l’état définitif irréversible est très incertain. Autrement dit, le fait biologique qui correspond au processus de la mort repose sur l'existence d'un état critique transitoire dont les limites temporelles demeurent incertaines.
La définition de la mort évolue constamment. Après l’arrêt de la respiration, puis la cessation des battements du coeur, est apparu le critère de mort cérébrale. De sorte que l’on distingue aujourd’hui plusieurs types de mort : clinique, cérébrale, physiologique, biologique, etc.
Y aurait-il d’autres univers situés sur des plans différents de conscience, à d’autres niveaux de fréquences ? Si oui, la mort n’est alors qu’un passage d’un niveau à un autre
Sur le plan philosophique, la mort reste par définition "l'état d'où l'on ne revient pas".
Où commence la mort ?
On peut considérer les organismes vivants comme de la matière non-vivante organisée de façon particulière mais tous les stades entre vie et mort paraissent exister.
L. Watson propose même d’appeler " état de goth " cet état d’indétermination entre la vie vraie et la mort certaine.
Un organisme complexe, comme un être humain, meurt biologiquement d’une façon progressive : si le coeur s’arrête, ou les poumons ou le cerveau... si des liaisons nerveuses disparaissent, le métabolisme de nombreuses cellules continue néanmoins pendant un certain temps. Donc si un organisme global est mort, certains de ses éléments continuent à vivre de façon individualisée et autonome... Où ,commence la mort ?
Quelle que soit la cause de la mort, par asphyxie (étouffement, strangulation, paralysie...), par syncope (arrêt cardiaque, hémorragie...), par coma (empoisonnement, traumatisme crânien, emploi de drogues...), les signes positifs de la mort apparaissent progressivement : hypothermie, rigidité, lividité (généralement après douze heures), déshydratation, putréfaction... On voit bien qu’il y a évolution de la vie à la mort d’abord de certains organes puis de l’ensemble.
Les signes cliniques considérés habituellement comme ceux de la mort (arrêt de la respiration, arrêt du coeur, arrêt du cerveau...) ne sont en fait que des signes négatifs de la vie, ne devenant significatifs de la mort que s’ils deviennent durables et irréversibles.
Un auto-contrôle permettant un arrêt passager de la respiration, du rythme cardiaque, de la température, est possible sans dommages sérieux : les moines zen peuvent réduire de 20% leur consommation d’oxygène quand ils méditent, les yogi pratiquant le hathayoga peuvent bloquer leur respiration ou leur coeur, à volonté, jusqu’à douze minutes. On connaît des cas de survie après des hypothermies à 24°C.
On considère qu’un arrêté d’activité cérébrale supérieur à six minutes est décisif, mais le contrôle par E.E.G. garde toujours une marge d’erreur . On sait que le fonctionnement normal du cerveau exige une stimulation continue du cortex par des impulsions neuroniques qui dépendent d’un afflux permanent d’informations sensorielles ; si ces impulsions deviennent trop limitées ou trop monotones, le comportement cérébral devient anormal. L’être humain ne " vit bien " que plongé dans un environnement en perpétuel changement (et c’est souvent le problème des vieillards isolés ou abandonnés).
Etat de " goth "
Lyall Watson a proposé ce nom pour l’état intermédiaire entre la vie et la mort, état d’anonymat dans lequel les cellules ont perdu l’identité de l’espèce à laquelle elles appartenaient auparavant, tout en gardant certaines activités métaboliques ayant les caractéristiques de la vie. Ces cellules ne sont plus vraiment vivantes car ils leur manque les qualités d’organisation de leur espèce, et elles ne sont pas vraiment mortes puisqu’elles fonctionnent encore. C’est aussi le cas d’une matière morte qui remplit une fonction donnée dans un organisme vivant (poils, corne, ongles...).
La mort est donc bien une limite imprécise et variable.
La disparition de la conscience
Les atomes qui constituent notre être ne meurent pas, ils passent d’une vie à une autre vie, d’un être à un autre être. Il en est de même de toutes les particules élémentaires, et nous avons déjà souligné le rôle fondamental des électrons dans les processus du vivant . Seraient-ils, comme le pense J. Charon, le support de notre spiritualité ? Ces " Eons " auraient les caractéristiques de l’Etre (action, réflexion, connaissance, amour), capables d’acquérir des informations, ils seraient donc des consciences et seraient quasiment immortels
Une fois qu’un être est mort, il se passe "quelque chose " : il " n’est plus là ", son regard est vide... Le corps va disparaître ultérieurement, et ce corps était la seule matérialisation de l’être, la seule forme tangible d’existence. Mais ce être existait aussi par autre chose, son intelligence, son affectivité, sa " présence "... On " sent " psychiquement et biologiquement la mort, et les animaux la sentent aussi : chez les primates, dès qu’un membre de la tribu est mort, il ne suscite plus d’intérêt pour le groupe qui, lui aussi, " sent " la mort.
On est conduit à se poser la question : la mort est-elle un terme ultime ou n’est-elle qu’un stade dans une évolution plus vaste que la vie terrestre ?
Y-a-t’il une " après mort " (ou une " après vie ") ?
Croire en une autre vie est une exigence humaine si impérieuse qu’elle apparaît comme partie intégrante de notre espèce (par nos gènes ? par l’inconscient collectif ? par un instinct vital essentiel ?...).
ET POURTANT NOUS MOURRONS
Nous mourons, mais la science ne sait pas pourquoi
Christian MagnanCollège de France, ParisUniversité de Montpellier II
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Pas plus qu'elle ne sait écrire le programme permettant à l'embryon de se développer, la science ne sait mettre en évidence les mécanismes conduisant le corps à se dégrader partiellement, puis à mourir. Elle est par exemple incapable d'expliquer pourquoi telle espèce se trouve dotée de telle durée de vie : la souris, deux ans ; le chien, une douzaine ; l'être humain, une petite centaine. Certes la biologie reconnaît que certains mécanismes se mettent en jeu petit à petit, aux niveaux moléculaire et cellulaire, et plus rapidement à un certain stade. Mais elle ne sait pas ce qui provoque ces réactions et ce qui, en définitive, déclenche la mort.
La mort n'est pas d'origine virale ; elle ne s'attrape pas comme la grippe.
Il est d'ailleurs frappant de constater la franche disproportion entre le caractère radical et inévitable de la mort, donc sa présence effective et son enracinement profond au sein même de l'individu, et l'incapacité totale de la science à reconnaître et à cerner l'origine d'une force au pouvoir si absolu.
Alors que ce nouveau-né est « appelé » irrévocablement à mourir, il est étonnant qu'on ne puisse pas découvrir dans ses cellules la moindre trace de programmation de mort. La science ne peut pas dire par exemple que l'individu secrèterait telle substance qui l'empoisonnerait lentement, que sais-je, ou que tel mécanisme latent serait prêt à agir sous l'effet de telle cause repérable. Elle se borne à constater, puis tente d'expliquer, mais seulement après coup, une fois que les événements fatals se produisent.
Comment la mort est-elle inscrite au « programme » biologique ? Son origine à ce niveau demeure donc un mystère. Je dirais volontiers que la mort échappe (encore ?) à la science, royalement.
Est-il utile de préciser que dans ces conditions les espoirs de « remèdes » contre la mort apparaissent absurdes ? La quête de l'immortalité est un vieux rêve de l'humanité mais il me semble que la science n'a pas le droit, en quelque sorte, de les alimenter car, si elle le fait, elle trahit la vérité. Les mythes de jouvence, avec leur puissance évocatrice, sont une chose, tandis que la science se situe à un autre niveau : elle n'a pas vocation à servir Faust ou les magiciens.
Ainsi, les recherches scientifiques visant de façon avouée à vaincre la mort se situent bien au-delà d'une lutte légitime en faveur de la santé et du bien-être. Ne peut-on pas dire qu'elles relèvent plutôt de la folie d'un homme impuissant à vivre sa condition ? Pas plus qu'elle n'a prise sur ce qui nous fait vivre ou mourir, la science ne nous fera ressusciter ou ne nous rendra immortels.
J'ai dit ailleurs que ce fantasme d'éternité m'apparaissait comme un défaut bien masculin. De là à en déduire que ces rêves sont une manifestation parmi d'autres de la volonté masculine de prendre le pouvoir, il y a un pas que je veux bien franchir.
Revenons aux sciences dites « exactes » (que je n'aurais pas dû quitter). Si la biologie est incapable d'énoncer une « loi de mort », la physique ne pourrait-elle pas expliquer la mort de l'être humain comme un cas particulier de sa fameuse deuxième loi de la thermodynamique, selon laquelle tout va en se dégradant ? La réponse est « non ».
Ce qu'énonce la thermodynamique est indéniablement correct : un système isolé (et donc abandonné à son sort) tend toujours à évoluer dans le sens du plus grand désordre. Par exemple une maison tombera en ruines mais ne se reconstruira jamais sous l'action des mêmes agents qui l'ont détruite.
Pourquoi la mort d'un individu ne relève-t-elle pas de cette loi de dégradation ? Parce que celle-ci s'applique à l'ensemble d'un système, dans la mesure où il n'interagit pas avec un autre, mais qu'à l'intérieur de ce système certaines parties peuvent très bien s'ordonner et devenir plus complexes au détriment d'autres qui voient au contraire augmenter leur désordre. Or un être vivant n'est pas un système isolé.
La construction d'une maison ne viole pas (on s'en douterait) le deuxième principe de la thermodynamique. La science affirme simplement que la maison ne peut pas se construire toute seule (c'est d'abord un fait d'observation ; mais elle en fait un « principe », applicable à d'autres situations) et que des agents extérieurs sont nécessaires pour fournir au sous-système que constitue cette maison les moyens de s'organiser.
De même l'assemblage de molécules et de cellules en un corps vivant se fera au détriment de l'environnement, jamais gratuitement et de lui-même. Ainsi la constitution d'un individu et son fonctionnement consomme-t-elle bien des réserves de ce que l'on pourrait appeler une capacité globale d'organisation 1. Mais les réserves sur Terre de cette capacité d'organisation seraient suffisantes pour assurer la vie de chaque être humain ou animal pendant des milliards d'années. En réalité, si rien d'autre ne changeait sur Terre, ce qui n'est pas le cas comme on sait, alors l'ordonnancement attaché aux êtres vivants pourrait être maintenu aussi longtemps que le soleil est là pour nous envoyer sa lumière. On montre en effet que le pouvoir de mettre de l'ordre réside en dernière analyse dans la lumière.
Une autre façon, encore plus simple de dire les choses est la suivante : ce n'est pas à cause du deuxième principe de la thermodynamique que les maisons ou les cathédrales s'effondrent ! C'est parce que le vent, la pluie, le gel, la pollution, les tremblements de terre, les guerres, la végétation s'acharnent sur l'édifice que celui-ci se détruit à la longue. Comme pour la mort d'un individu, on peut dire que le deuxième principe de la thermodynamique n'a rien à voir, directement, à l'affaire.
Il est donc prudent d'éviter de mettre ce deuxième principe de la thermodynamique à toutes les sauces 2 . Si cette deuxième loi peut avoir quelque conséquence à très (très) long terme sur les possibilités de vie terrestre, elle n'en a aucune au niveau de la vie d'un être humain. Ce dernier respire, se nourrit et développe sa chimie cellulaire en appliquant certes les lois de la physique, mais s'il s'en tenait à obéir strictement à ces seuls grands principes il aurait une durée de vie quasi éternelle. Ce sont des raisons autres que la dégradation de l'énergie qui font mourir l'homme.
Dans l'état actuel de nos connaissances, la science ne commande pas, en un sens, la mort de l'individu (je n'ai pas écrit que la mort transgressait les « lois » du monde physique). En somme, elle n'a rien à me dire sur ma mort ou, plus justement, sur mon destin de mortel.
ہ suivre
NOTES
1. En termes scientifiques, on mesure de degré de dégradation d'un système par son entropie, laquelle augmente (comme le fait la dégradation) lorsque le système est livré à lui-même. Cette affirmation constitue le deuxième principe de la thermodynamique. Retour au texte
2. Ce principe fait même « délirer » - passez-moi l'expression peu charitable - certains adeptes peu recommandables d'une science cosmologique nouvelle. Ils sévissent (comme moi !) sur le web. Retour au texte
D'après un extrait du livre de Christian Magnan Et Newton croqua la pomme...ةditions Belfond/Sciences (1990)
Dernière modification : 6 octobre 2000
la fin de tous
Il y a des limites au-delà desquelles, le temps et l'espace n'existant plus, la physique actuelle perd tous ses pouvoirs. Et la mort dans tout ça... ?
Christian MagnanCollège de France, ParisUniversité de Montpellier II
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La mystification suprême de la science consiste à faire une sorte d'amalgame non plus seulement entre la mort de l'individu et celle du Soleil et des étoiles mais entre la mort de l'individu et la fin de l'Univers entier.
Si la science peut parler des phases ultimes de l'évolution stellaire car elle dispose de théories solides et de données d'observation, il n'en est pas de même de la question de la fin du monde dans son ensemble. La science ne possède en effet ni théorie sur les « fins d'univers » ni moyen d'observer quoi que ce soit à ce sujet !
Du côté théorique un mensonge est courant : faire croire que l'on pourrait rejeter le problème à l'« infini », ces oubliettes favorites de l'être masculin. Certains scientifiques prétendent en effet, et c'est la théorie la plus en vogue et la plus médiatisée de nos jours, que notre univers serait infini et, de ce fait, destiné à poursuivre « à jamais » son expansion. L'Univers serait en quelque sorte immortel (être immortel est d'ailleurs ce que désire profondément l'être masculin).
Comme si cela voulait dire quelque chose !
L'infini, faut-il le répéter, est un concept dénué de toute signification physique puisqu'il équivaut à l'abandon de toute échelle de mesure alors même que l'opération de mesure constitue la base de toute physique. Si c'est à juste titre que les mathématiques parlent de l'infini la science n'a pas le droit d'appliquer cette notion au réel sous peine de plonger l'homme dans une totale illusion.
Au sujet de la fin du temps, la science sait cependant quelque chose de fondamental (qu'elle semble d'ailleurs vouloir cacher à preuve qu'elle ne s'emploie guère à le mettre à la mode) :
le temps, l'espace et la matière ne se suffisent pas à eux-mêmes et ne peuvent donc pas constituer une référence absolue à laquelle on pourrait rapporter toute chose.
La science est fière des deux théories sur lesquelles elle peut se fonder tout entière : la relativité générale et la mécanique quantique. ہ l'origine, ces deux théories s'appliquaient à des domaines tout à fait différents, sans recouvrement possible. Tandis que la première étudiait l'Univers à grande échelle, l'espace et le temps, les galaxies et les amas de galaxies, les millions et milliards d'années de lumière, la gravitation des objets massifs (étoiles à neutrons, trous noirs), la deuxième plongeait dans le monde atomique, à des échelles défiant aussi l'imagination mais cette fois dans le sens du tout petit.
Peut-on faire se rejoindre les deux physiques, a priori si radicalement étrangères l'une à l'autre ? Oui, pour deux raisons.
D'abord les théories physiques ont toutes en commun de pouvoir s'appliquer théoriquement à toute échelle, sans limitation. Autrement dit, une formule est toujours valable, en ce sens qu'on a toujours le droit de faire l'application numérique que l'on désire. Bien entendu il est possible que concrètement cette application numérique ne se traduise par aucun phénomène mesurable, car le phénomène sera peut-être masqué par d'autres, mais le calcul n'en est pas moins juste. Ainsi puis-je calculer exactement la force de marée exercée sur mon corps par une voiture placée à une centaine de mètres sans qu'aucun phénomène réel ne corresponde à cet énoncé.
Ensuite, il se trouve que certains objets astronomiques combinent des conditions nécessitant l'emploi simultané des formules relativistes et des formules quantiques. Ainsi en est-il des étoiles à neutrons (visibles dans le ciel sous forme de pulsars) dont la structure ne se comprend qu'à la lumière de ces deux théories fondamentales. Dans ces corps la matière est si comprimée qu'on travaille à toute petite échelle - la distance moyenne entre particules - et qu'il faut donc impérativement utiliser l'outil quantique. D'autre part le champ de gravitation est tellement intense que son calcul réclame l'intervention de la théorie relativiste.
Or lorsqu'on pousse les calculs du côté des longueurs infinitésimales, en continuant à combiner formules relativistes et quantiques, on tombe sur le paradoxe le plus saisissant de la physique : à partir d'une certaine limite, le temps et l'espace sont anéantis. Ces notions qui nous apparaissent si intangibles, si sûres, et qui constituent le repère familier dans lequel nous discutons de physique, disparaissent en tant que telles c'est-à-dire qu'elles perdent leur signification. Plus possible de parler de point, d'événement, de distance ou de durée... La physique que nous connaissons signe à ce stade oh combien critique son propre arrêt de mort : puisque les concepts sur lesquels elle se fonde s'effondrent dans les formules qu'elle écrit, elle-même doit déclarer forfait et abandonner tout espoir de poursuivre son jeu.
Qu'y a-t-il au-delà des dimensions ultimes (appelées dimensions de Planck, du nom d'un des fondateurs de la mécanique quantique) ? Personne n'en a la moindre idée. Mais le fait de savoir que notre espace-temps n'est en quelque sorte que l'apparence d'une réalité plus profonde est d'une portée considérable dans notre réflexion sur les pouvoirs (réels ou supposés) de la science.
Ce résultat parfaitement établi, la science donne l'impression de ne pas vouloir le crier sur les toits. L'accepter, n'est-ce pas reconnaître les limites définitives de la physique actuelle ?
La mort ?
ہ la question, la science apporte la réponse la plus radicale qui soit. Elle ne connaît pas la mort dans le temps, elle connaît la mort du temps; et la mort de l'espace. Autrement dit, le temps et l'espace ne sont ni des cadres absolus dans lesquels on pourrait enfermer toute question ni des concepts premiers sur lesquels on pourrait fonder tous les autres. Autrement dit encore la question de la naissance et de la mort de l'Univers ne se pose ni dans le temps ni dans l'espace.
Le temps et l'espace tirent leur subtance d'une autre structure encore inconnue. Seraient-ils comme la surface ou l'extérieur d'une essence plus profonde ? La forme prise par une entité plus absolue qui les dépasse ? Ce sont des notions relatives ou, plus justement, secondaires. Le temps et l'espace sont nés de quelque chose d'autre : non pas nés dans un temps et un espace préexistant, mais nés avec l'Univers, dont ils sont la trame. Le temps et l'espace n'existent pas ailleurs, déjà formés, dans un suprême au-delà.
Au fond si elle daigne l'avouer, la science ne connaît pas le temps - transcendant, extérieur, parfait, établi, absolu - mais seulement l'instant - immanent, incarné, fini, fugitif, provisoire, relatif, fabriqué.
Le temps que nous impose la réalité des choses nie le temps que notre esprit imaginait. Le temps n'est plus ce concept intemporel qui engloberait et dépasserait le temps que nous expérimentons. De même l'espace que nous connaissons n'est pas contenu dans l'espace virtuel où notre pensée situe systématiquement les choses. Le temps et l'espace sont devenus réels et concrets, affligés de contingence, presque tangibles et malléables. Ils sont maintenant doués de « vulgaires » propriétés physiques.
Et je retrouve le thème de la pomme : le monde réel n'est pas celui que conçoit notre théorie.
Est-ce du goût de l'être masculin, qui préfère, il me semble, se nourrir d'absolu que de concret ?
Une science déroutée par ses propres découvertes, par l'irruption de l'inconnu le plus essentiel et la remise en cause des fondements de l'édifice patiemment assemblé ? Je m'interroge. Pourquoi l'homme paraît-il si désemparé d'atteindre ses limites ? Pensait-il vraiment que son pouvoir était illimité ?
Buter sur les frontières ultimes de la physique : s'agit-il quelque part de la découverte des limites de notre corps, ces limites qui marquent l'ouverture possible sur l'extérieur ?
La reconnaissance de notre propre espace n'est-elle pas pour chacun de nous un élément de structuration de notre individu ? Où s'arrête mon corps ? Où s'arrêtait celui de ma mère qui me portait ? Le cordon ombilical est-il coupé ?
Contrairement à la pensée qui abolit toute frontière et permet à l'homme de dissoudre sa personne dans un tout indéfini (pour y trouver refuge ?), le corps est porteur de la séparation : il fonde l'autonomie et appelle à la rencontre de l'autre. En cela, avant de nous restructurer, les limites peuvent nous déconcerter.
Surtout, en quoi cette mort de l'espace et du temps peut-elle nous éclairer sur la vie ?
D'après un extrait du livre de Christian Magnan Et Newton croqua la pomme...ةditions Belfond/Sciences (1990)
Dernière modification : 17 mars 2004
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